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Chronique d'une crise

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Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Ven 23 Nov 2012 - 18:16

En 2012, la zone euro est entrée en récession.

Cette crise qui n'en finit pas est la conséquence d’une sucession de choix politiques qui remonte aux années 1970.


Une Histoire de la Crise européenne par Joseph Savès.
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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Ven 23 Nov 2012 - 18:26

Une histoire de la Grande Crise


Le tournant des années 1970



En 2012, la zone euro entre en récession cependant que le Royaume-Uni menace rien moins que de quitter l'Union européenne. C’est le dernier avatar d'une succession de choix politiques qui remontent aux années 1970.

Le moment nous paraît propice d’analyser ce phénomène et de tenter d’en comprendre le sens. Essayons-nous à cette écriture de l’Histoire en train de se faire.

Joseph Savès


La fin des «Trente Glorieuses»

Le tournant se situe quarante ans plus tôt, au terme des «Trente Glorieuses», trois décennies d’expansion démographique et économique qui ont permis à l’Europe occidentale de reprendre sa place sur l’avant-scène mondiale. Le président Pompidou peut encore promettre à ses concitoyens de faire de la France un pays aussi prospère et égalitaire que la Suède… avec le soleil en plus.

Le Japon entre dans le cercle des pays riches, mais il est encore loin derrière les Européens en terme de niveau de vie. Quant à la Chine et la Corée du Sud, plombées par les guerres civiles et les dictatures, elles font partie des pays les plus déshérités de la planète, derrière les États africains nouvellement indépendants. Le petit État d’Israël, fort de sa victoire éclair dans la guerre des Six Jours (juin 1967), démontre l’écrasante supériorité de l’Occident sur les pays musulmans.

Intel, une entreprise américaine, invente en 1971 le microprocesseur. On ne s’en doute pas encore mais la «puce» électronique va bouleverser l’industrie et le monde du travail. Elle va donner naissance à la micro-informatique et déboucher sur l’automatisation massive des processus de fabrication. Mais nous n’en sommes pas encore là…


Les monnaies flottent

Le 15 août 1971, confronté à de graves difficultés monétaires induites notamment par la guerre du Vietnam, le président américain Richard Nixon met fin à la convertibilité du dollar. Son gouvernement renonce à soutenir le cours de la monnaie, fixé précédemment à 35 dollars l'once d'or fin. Cette dévaluation de fait du dollar par rapport à l'or consacre la fin de la stabilité monétaire de l'après-guerre induite par les accords de Bretton Woods.

Les monnaies de tous les pays se mettent à flotter de façon désordonnée, ce qui aboutit en 1973 à l’abandon de la fixité des taux de changes des monnaies par rapport au dollar.

Les gouvernements tentent de stabiliser le cours de leur devise. Le 4 janvier 1973, le gouvernement français s'interdit à lui-même d’emprunter directement à la Banque de France, autrement dit de «faire marcher la planche à billets». Le président Georges Pompidou et son ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing veulent ainsi dissuader l’État de s’endetter ou du moins lui rendre la chose plus coûteuse et plus risquée. Leur objectif est de consolider la croissance économique et d’éviter des sorties de route comme la dévaluation de 1969. Ils vont échouer pour des raisons qu’ils ne pouvaient prévoir...

Bousculée par une succession de secousses géopolitiques et démographiques, l'économie mondiale entre dans une durable langueur, caractérisée à la fois par une rapide hausse des prix, un chômage élevé et une croissance poussive : la stagflation.


La montée de l’inquiétude

Le terrorisme fait son apparition au cœur du monde civilisé, à Milan, le 12 décembre 1969, avec l’attentat de la Piazza Fontana (16 morts). La suite va montrer qu’il ne s’agit pas d’un fait isolé. Le 5 septembre 1972, survient l’attentat des Jeux Olympiques de Munich. C’en est fini de la contestation joyeuse «Peace and Love». Place à la violence et à la peur.

Le 27 janvier 1973, les accords de Paris signent la défaite des États-Unis au Vietnam. Le président Nixon s’engage à retirer ses troupes du pays sous 60 jours. L’amertume est immense aux États-Unis. Le 6 octobre 1973, éclate la guerre du Kippour entre Israël et une coalition arabe. Cette fois, l’État hébreu ne s’en sort pas facilement et, qui plus est, les pays moyen-orientaux exportateurs de pétrole menacent de priver ses alliés occidentaux de pétrole.

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Contre-offensive israélienne dans la guerre du Kippour (octobre 1973)

Voilà que la même année, dans tout l’Occident européen et également au Japon, les démographes notent un décrochage brutal de l’indice de fécondité. Jusque-là, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la plupart de ces pays se signalaient par une fécondité vigoureuse, avec en France, par exemple, près de trois enfants par femme en moyenne, soit davantage qu’en Afrique du Nord aujourd’hui. Les indices de fécondité chutent plus ou moins brutalement au-dessous du seuil de renouvellement de la population. Les Pays-Bas et le Québec sont parmi les plus touchés.

Ce phénomène est décisif et troublant, parce qu’il échappe pour l’instant à notre compréhension. Il se double d’une très forte poussée de l’immigration du «tiers-monde» vers l’Europe occidentale.

En 1974, pour la première fois depuis mille ans, l’Europe a un solde migratoire positif. Il s’agit essentiellement d’une immigration familiale car, dans le même temps, l’économie s’essouffle et le chômage s’enflamme de sorte que les gouvernements, à la hâte, prennent des mesures pour freiner l’entrée de travailleurs. Jusque-là, selon le principe de la «noria», des jeunes travailleurs venaient s’employer dans les usines françaises et européennes. Au bout de quelques années, ils rentraient chez eux et passaient le relais à leurs cadets ou leurs enfants. Désormais, alarmés par les lois restrictives sur l’immigration, ils choisissent de faire souche et font venir leur famille. De l’immigration de labeur, on passe à une immigration de peuplement.


Horizon sombre

La décennie s’achève dans la morosité. La Chine, après la mort de Mao Zedong en 1976, menace de se déchirer à nouveau. C’est en définitive un hiérarque de plus de 60 ans qui l’emporte, Deng Xiaoping. Les observateurs prédisent au pays un avenir des plus sombres. L’URSS de Brejnev se lance dans la guerre en Afghanistan tandis que, dans l’Iran voisin, le shah est renversé par la première révolution islamiste. En Indochine, après le départ des Américains, voilà que les Vietnamiens entreprennent une courte guerre contre leur voisin chinois cependant que le Cambodge connaît le troisième génocide du siècle.

L’Afrique ne se porte guère mieux. Les espoirs nés des indépendances s’envolent au gré des crises : après la guerre du Biafra, en 1967, le coup d’État d’Idi Amin Dada en Ouganda, le renversement du président Tsiranana à Madagascar et celui d’Haïlé Sélassié en Éthiopie… Peu à peu s’effilochent les structures étatiques créées par les colonisateurs.

L’Occident, quant à lui, entre bel et bien dans la plus grave crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale, avec en sus un deuxième choc pétrolier, occasionné par la crise iranienne, en 1978.

Les Britanniques, après plusieurs décennies de léthargie, avaient cru trouver la martingale avec l’exploitation du gaz de la mer du Nord. Ce gaz se révèle un cadeau empoisonné… Inévitablement, il se substitue aux produits manufacturés dans les exportations : à quoi bon, en effet, payer ses importations avec des biens industriels quand on peut le faire plus aisément avec du gaz ?

Le Royaume-Uni, un siècle plus tôt, dominait l’économie mondiale comme aucun autre pays avant lui grâce à sa puissance industrielle et à ses exportations. Il voit désormais celles-ci fondre comme neige au soleil tandis que ses usines ferment ou sont vendues à des étrangers. En France, même si la situation n’est pas aussi inquiétante, le nombre de chômeurs passe en une décennie de 200.000 à près d’un million.

Le 13 mars 1979, plusieurs pays continentaux de la Communauté européenne (ancêtre de l’Union européenne) fondent le Système Monétaire Européen (SME) pour limiter les fluctuations des devises.


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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Ven 23 Nov 2012 - 18:39

Le sursaut des années 1980



Au début des années 1980, les difficultés de la décennie précédente - baisse de performance des entreprises, inflation, fluctuations monétaires et endettement des États - relancent en Occident les débats sur les choix économiques.

Joseph Savès


Une idéologie bienvenue

Milton Friedman, chef de file de l’«école de Chicago», voit la clef de la prospérité dans la lutte contre l’inflation et la maîtrise de la masse monétaire par la banque centrale, à travers le maniement des taux d’escompte. C’est ce qui le distingue des anciens économistes, d’Adam Smith à son rival John Maynard Keynes, qui concentraient leur attention non sur la monnaie et l’inflation mais sur la production et l'échange de biens et de services.

Dès lors qu’une bonne gestion de la monnaie suffit au bonheur collectif, il n’est plus besoin d’État. Friedman reprend à son compte les thèses de l’économiste Friedrich Hayek. Celui-ci, révulsé par les systèmes totalitaires (nazisme et communisme), a fondé en 1947 une école ultralibérale ou libertarienne dénommée «Société du Mont-Pèlerin» qui préconise la privatisation des services d'intérêt général et la réduction de l’impôt à sa plus simple expression. Ses prescriptions ont été appliquées par les «Chicago boys» avec un indéniable succès au Chili après la chute dramatique du gouvernement d’Union populaire de Salvador Allende en 1973.

La théorie monétariste de Milton Friedman devient vérité officielle avec l’accession au pouvoir de ses partisans, en la personne de Margaret Thatcher, Premier ministre du Royaume-Uni (1979-1990), et de Ronald Reagan, président des États-Unis (1981-1989). En France, elle est en partie avalisée par le gouvernement socialiste de François Mitterrand en 1983 et ses économistes (Fabius, Strauss-Kahn, Daniel Cohen).

Les possédants et, de façon plus générale, les épargnants s’accommodent parfaitement des thèses de Friedman et deviennent de fervents partisans de la lutte contre l’inflation. Il faut dire qu’au début des années 1980, celle-ci flirte avec les 10% par an. Les salaires augmentent encore plus vite mais les dividendes et les revenus des obligations ne suivent pas, de sorte que les grosses fortunes et les bas de laine s’érodent très vite.


Capitalisme prédateur

Dès 1981, Jack Welch, charismatique président de General Electric, préconise de privilégier désormais dans la gestion des entreprises la «valeur actionnariale», autrement dit le taux de profit et le dividende versé aux actionnaires. Ceux-ci, en tant que propriétaires de l’entreprise, ont toute légitimité pour savoir ce qui est bon pour elle. Il faut leur rendre le pouvoir que s’est accaparée la «technostructure», une expression de l’économiste John Kenneth Galbraith pour désigner la puissance nouvelle acquise par les managers dans les années 1960 et 1970.

Mais comment faire en sorte que les dirigeants d’entreprise accordent désormais davantage d’attention à leurs actionnaires ? C’est simple : il faut les rémunérer en conséquence. Dès lors apparaissent les «stock options» et la rémunération des cadres dirigeants à la «performance», en fonction de l’évolution du cours de l’action et des dividendes. C’est le début d’une inflation vertigineuse des salaires des grands dirigeants dont, trois décennies plus tard, on ne voit pas encore la fin.

Les résultats sont-ils à la hauteur des espérances ? Oui et non. Jack Welch et les théoriciens néolibéraux (ainsi qualifie-t-on aujourd’hui les tenants de cette idéologie sans rapport avec l’économie libérale classique et néo-classique) oublient que les actionnaires sont par nature infidèles.

Soucieux de leur intérêt, ils veulent s’enrichir au plus vite en tirant un maximum de leurs titres et en les revendant au plus haut prix. Ils se contrefichent du sort des entreprises sauf dans le cas d’une entreprise familiale à laquelle ils sont liés par des considérations particulières.

En conséquence, dans les années 1980, les taux de profit des très grandes entreprises occidentales grimpent jusqu’à 15% par an et plus tandis que, dans le même temps, le produit national ne croît que de 2 à 4% par an. Cette indéniable performance est obtenue en sabrant dans tous les postes de l’entreprise : salaires, achats, investissements… au détriment, donc, de son avenir. Elle est aussi obtenue en fermant les divisions les moins rentables, au risque de faire perdre à l’entreprise la cohésion qui lui permet de résister à ses concurrents.

On voit alors se multiplier les prédateurs. À l’instar de Bernard Tapie, ils achètent à crédit des entreprises sous-capitalisées, les assainissent et les revendent «par appartements» avec un profit substantiel.


Le printemps de la «high tech»

Au bord de l’océan Pacifique, loin des débats oiseux sur la monnaie et l’épargne, des jeunes gens explorent avec frénésie les ressources inouïes du microprocesseur.

Le 1er avril 1976, Steve Jobs (21 ans) et Steve Wozniak (26 ans) ont fondé à Cupertino, au sud de San Francisco, la société Apple afin de commercialiser leur premier micro-ordinateur. En novembre 1980, à Seattle, Microsoft, la société de Bill Gates (25 ans), fournit au géant IBM un système d’exploitation pour ses futurs micro-ordinateurs. Et le 24 janvier 1984, Steve Jobs présente le Macintosh.

De fait, le microprocesseur bouleverse les activités bureautiques et industrielles. De jeunes sociétés («start-up») comme Apple et Microsoft multiplient les innovations et connaissent une croissance fulgurante, en Californie, dans la Silicon Valley, et bientôt dans tous les pays industrialisés. (globalement, l'électronique progresse, ainsi que l'informatique, ce qui modifie les productions industrielles, la robotique se développe fortement).

Les investisseurs sont eux-mêmes séduits par la perspective de gains rapides avec, en prime, la satisfaction de contribuer au progrès collectif. C’est l’heure de gloire du «capital-risque» : on investit dans une jeune société et l’on se retire avec un pactole une fois qu’elle est lancée (avec le risque d’échouer).

L’arrivée de la robotique bouscule la grande industrie manufacturière. Le textile en premier lieu mais aussi l’automobile connaissent une baisse de leurs effectifs ouvriers. On commence aussi à délocaliser les activités de main-d’œuvre dans les pays pauvres (Taïwan, Corée du Sud) mais le phénomène demeure marginal.


Missiles contre missiles

L’investissement dans les nouvelles technologies est puissamment soutenu par un regain de tension dans la guerre froide entre les États-Unis et l’URSS. Leonid Brejnev, qui arrive en fin de course (il meurt le 10 novembre 1982), déploie des missiles SS20 le long du «rideau de fer» qui coupe l’Europe en deux.

Devant le Bundestag, à Bonn (première capitale de la République Fédérale Allemande), le président Mitterrand lance le 20 janvier 1983 : «Les missiles sont à l’est, les pacifistes sont à l’ouest». Le président Reagan installe des missiles Pershing en Europe. Libéré du fardeau vietnamien, il relance activement la course aux armements. Il joue «Stars War» pour de bon. C’est du pain bénit pour les entreprises américaines de l’aérospatiale et de l’électronique.

Les Européens de l’Ouest resserrent les coudes. La priorité est à la modernisation industrielle et à l’éducation, clé des succès futurs (en France, l’objectif est d’amener 80% d’une classe d’âge au niveau du bac). Les grands programmes nationaux ou intergouvernementaux lancés dans les décennies précédentes portent leurs fruits (TGV, Airbus, Ariane…).

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Lancement d'Ariane 5 sur la base de Kourou (projet européen)

Il n’y a guère de concurrent qui fasse de l’ombre aux Européens, hormis le Japon et bien sûr les États-Unis. Encore très faibles, la Chine, l’Inde et l’Amérique latine sont en pleines réformes structurelles.

Le Japon a immédiatement adopté les nouvelles technologies. Avec une organisation quasi-militaire, il s’est lancé à la conquête de marchés mondiaux bien ciblés : électronique grand public, machines-outils et robots… Il n’a rencontré d’échec que dans l’horlogerie, du fait de la contre-offensive d’un visionnaire, le Suisse Nicolas Hayek, qui a fondé en 1980 la marque Swatch.


Ébranlements géopolitiques

Les commentateurs prédisent un rattrapage des États-Unis par le Japon. Ses hommes d’affaires acquièrent des gratte-ciel à New York, des studios à Hollywood et des tableaux de maître. Mais en 1989, tandis que disparaît l’empereur Showa (Hiro-Hito), après 60 ans de règne, le pays entre brutalement en dépression pour avoir trop présumé de ses forces. Il fait dès lors le dos rond et s’adapte tant bien que mal à une croissance atone et une démographie vieillissante.

Plus important : les Soviétiques, à bout de souffle, comme Brejnev et ses deux premiers successeurs, s’épuisent dans la course aux armements. Le drame de Tchernobyl, en avril 1986, jette une lumière crue sur leur fragilité. Ils ne tardent pas à s’effondrer littéralement sur eux-mêmes. Avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, le monde a le sentiment justifié qu’une ère historique vient de se terminer.


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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Ven 23 Nov 2012 - 19:30

Suite de cette chronique le 3 décembre.

Si notre parrain passe par là, j'aimerais avoir son avis éclairé.

Une confrontation historien-économiste. Wink
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Re: Chronique d'une crise

Message par Invité le Sam 24 Nov 2012 - 14:54

Une fois de plus très très intéressant, j'ai mis mon disque dur à jour ! et j'ai appris un mot : stagflation !

Pas bon pas bon Sad

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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Jeu 10 Jan 2013 - 14:33

Désolée la suite a tardé.



Une histoire de la Grande Crise


Le relâchement des années 1990




1989, année-charnière ! Avec la chute du Mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique, d'aucuns se hasardent à prédire la «fin de l'Histoire» et le triomphe universel de la démocratie.

Bercés par ces illusions, les dirigeants européens relâchent leurs efforts et se détournent des priorités industrielles pour ne plus s'intéresser qu'aux questions monétaire et à la lutte contre l'inflation.

Le sursaut de la décennie précédente - modernisation des entreprises industrielles, investissements publics et militaires - fait long feu. Dès 1993, le Vieux Continent connaît sa première année de récession depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, un demi-siècle plus tôt, avec une croissance négative.

Joseph Savès


Dépasser la guerre froide

Dans l'euphorie de la réunification du continent européen, personne ne prête garde aux éructations d'un leader yougoslave, Slobodan Milosevic. Le 28 juin 1989, il appelle les Serbes à affronter leurs compatriotes albanais. C'est l'amorce du conflit qui va déchirer la Yougoslavie deux ans plus tard.

Cette première guerre sur le continent européen, depuis la chute du nazisme, a été rendue possible par la fin de la guerre froide. N'ayant plus rien à craindre de Moscou, les nationalistes de tout poil se réveillent du Danube à l'Amour, sur la frontière chinoise.

La Communauté Économique Européenne (CEE) en est elle-même affectée. Conçue par Jean Monnet et ses émules pour permettre à l'Europe de l'Ouest de résister à la menace soviétique, elle perd sa raison d'être avec la disparition de celle-ci. Qui plus est, la réunification prochaine de l'Allemagne risque de la déséquilibrer de l'intérieur et de la faire exploser. Quel besoin pourrait encore avoir une Allemagne de 80 millions d'habitants de lier son destin à la CEE ?...

Le président François Mitterrand, lucide malgré l'usure du pouvoir et la maladie, entrevoit le danger. Ayant compris qu'il était vain de vouloir empêcher la réunification de l'Allemagne, il choisit de lier celle-ci à ses partenaires par une union monétaire, de manière indissoluble.

Il convainc le chancelier Helmut Kohl de sacrifier le Deutsche Mark, devenu le symbole du spectaculaire redressement de l'Allemagne fédérale, au profit d'une monnaie européenne.

Le chancelier accepte sous réserve que ses partenaires n'entravent pas la coûteuse reconstruction de l'ex-RDA (République Démocratique Allemande). Il exige aussi que la future monnaie européenne soit garantie envers et contre tout contre les risques de dérapage inflationniste.


L'inflation diabolisée

Depuis l'hyperinflation de l'année 1923, qualifiée d'«année inhumaine», les Allemands entretiennent la phobie de l'inflation et le culte de la monnaie «forte». Ces attitudes, qui ont déterminé les choix de Kohl et de ses successeurs, correspondent à un double contresens historique.

L'hyperinflation de 1923 fut une conséquence directe de la Première Guerre mondiale. Elle a été entretenue par le gouvernement lui-même pour desserrer le carcan des réparations exigées par les vainqueurs. Une fois ce résultat obtenu, elle a pu être résorbée en quelques mois.

Pourtant, ce mauvais souvenir conduisit le chancelier Brüning, huit ans plus tard, à tenter de redresser l'économie allemande sans toucher à la monnaie. Excluant une dévaluation qui aurait eu pour conséquence de relancer (un peu) l'inflation, il appliqua une stricte politique de «rigueur», comme aujourd'hui les Grecs, Italiens, Espagnols etc. Quelques mois plus tard, porté par le mécontentement populaire, Hitler est arrivé au pouvoir.

Or, par un phénomène qui reste incompréhensible, la plupart des Allemands croient encore que Hitler a été rendu possible par l'hyperinflation et une politique protectionniste.

La génération d'après-guerre a pu observer aussi que l'incroyable succès du «miracle économique» s'est accompagné d'une monnaie sans cesse plus «forte» relativement à ses voisines. Elle en est venue à croire que la stabilité de la monnaie est la clé de la prospérité. C'est prendre l'effet pour la cause...

Si le Deutsche Mark n'a cessé de se valoriser pendant un demi-siècle, il le doit à ce que les industriels ouest-allemands, laborieux, inventifs et efficients, ont inondé le monde de leurs machines-outils et biens d'équipement. Les exportations de marchandises étant régulièrement supérieures aux importations, le mark s'est réévalué d'année en année, de façon naturelle et spontanée, pour rééquilibrer la balance des comptes courants.

Mais le chancelier Helmut Kohl et ses conseillers n'ont pas perçu ce phénomène car ils étaient habités par la pensée monétariste selon laquelle le maniement du taux d'escompte suffit à assurer le bon fonctionnement de la monnaie et de l'économie. Démonstration en deux temps :

- Quand une monnaie se déprécie par rapport à ses voisines, le prix des importations augmente et l'inflation s'accélère ; en maîtrisant l'inflation, on devrait maintenir la monnaie à son cours le plus haut possible et donc assurer la prospérité générale (voir plus haut).

- Comment maîtriser l'inflation ? Rien de plus simple. Il suffit d'augmenter le taux d'escompte de la banque centrale pour rendre le crédit à l'investissement et à la consommation plus coûteux et ainsi réduire les tentations de dépenses.

En foi de quoi, ils ont imposé que la stabilité de la future monnaie européenne soit garantie par une Banque centrale européenne (BCE) formellement indépendante des pouvoirs politiques et vouée à un seul objectif : brider l'inflation !


Monnaie «unique» ou monnaie «commune» ?

En 1991, les Britanniques, invités à s'associer à l'union monétaire, affichent leur préférence pour une monnaie «commune» et non pas «unique». La différence est de taille.

- la monnaie commune :

Logique aboutissement du Système monétaire européen (SME) instauré en 1979, la monnaie commune se superpose aux autres devises européennes. Elle est utilisée pour tous les échanges entre la zone européenne et l'extérieur (achats de pétrole...). La puissance de l'économie européenne lui assure la confiance des créanciers et des investisseurs.

Les monnaies nationales (mark, lire, franc...) ne sont plus convertibles en devises non-européennes mais conservent leur utilité à l'intérieur de la zone, pour les échanges entre Européens. En cas de déséquilibre commercial entre un pays et le reste de la zone, on procède à une réévaluation de la monnaie de ce pays par rapport au panier de l'ensemble des monnaies de la zone.

L'Allemagne inonde-t-elle la France et le reste de l'Europe avec ses voitures jusqu'à mettre en péril les constructeurs français? On réévalue à la hausse le mark et à la baisse le franc pour rétablir l'équilibre et sauver l'industrie française. La Grèce voit-elle les touristes se détourner d'elle au profit de la Turquie ou du Maroc? Elle dévalue la drachme pour regagner en attractivité. Ce n'est pas plus compliqué que cela.


À quoi tiennent les déséquilibres commerciaux?

C'est une affaire de moeurs et de culture, tout simplement. Il suffit qu'un peuple A se montre plus acharné au travail et surtout moins désireux de consommer qu'un peuple B. Année après année, le commerce entre les deux pays tend au déséquilibre, B ayant tendance à acheter à A plus qu'il ne lui vend.

En situation normale, l'équilibre se maintient par un «glissement» (dévaluation) de la monnaie B par rapport à la monnaie A. L'ajustement des monnaies l'une par rapport à l'autre permet de corriger en quelque sorte les défauts ou les qualités inhérents à chaque peuple. Ainsi la France a-t-elle pu prospérer face à l'Allemagne tout au long des Trente Glorieuses, en dépit de sa relative faiblesse industrielle.

Mais si l'on s'interdit toute régulation monétaire entre les deux pays, le déséquilibre commercial est voué à se creuser d'année en année et les exportateurs du pays A tendent à engranger la monnaie de B.

Cette monnaie n'étant d'aucune valeur hors de son pays d'attache, il faut qu'elle rentre chez elle d'une manière ou d'une autre. Soit que l'État B s'endette auprès de l'étranger pour maintenir tant bien que mal le niveau de vie de ses ressortissants, soit que les banques de B s'endettent pour investir dans l'immobilier de loisir ou autre chose d'aussi inutile (exemples actuels). De cette façon se conserve la «balance des comptes courants», qui est par définition toujours à l'équilibre.

En l'absence de tout changement de parité monétaire, la dette est appelée à se creuser jusqu'à la faillite de l'État et la ruine du pays.

- la monnaie unique :

La monnaie unique se substitue à toutes les monnaies nationales. Solution simple et radicale, elle convient à la Banque centrale européenne, soucieuse de prévenir l'inflation. Elle est aussi de nature à rassurer les banquiers de la planète.

Enfin, elle doit faciliter les comparaisons de prix et de revenus d'un pays à l'autre et, ainsi, pousser les vendeurs et les producteurs à s'aligner sur les prix les plus bas. C'est du moins un argument ressassé tout au long des années 1990 par les experts et les commentateurs !

Ce choix de la monnaie «unique», appelée euro, a été en définitive celui de l'Allemagne, suivie par la France et ses partenaires les plus proches, excluant du coup la participation de la Grande-Bretagne à la zone monétaire.


L'union monétaire en chantier

Le 10 décembre 1990, la CEE, qui compte alors douze membres, est remplacée par l'Union européenne et, le 7 février 1992, à Maastricht, aux Pays-Bas, est signé le traité qui doit fonder l'union monétaire.

Entretemps, le monde est entrée dans une nouvelle ère. En Chine, Deng Xiaoping a ressoudé le pouvoir central après les troubles de la place Tien An Men et lancé le pays dans une industrialisation effrénée. L'URSS a implosé et donné naissance à une quinzaine de républiques jalouses de leur indépendance. Les États-Unis, regonflés à bloc, ont chassé l'armée irakienne du Koweit, avec leurs alliés et la bénédiction de l'ONU. Ils en ont profité pour installer une base militaire en Arabie séoudite, au plus près des champs pétrolifères.

Plus près de là, en Yougoslavie, Serbes, Croates, Bosniates et autres Monténégrins et Slovènes commencent de se quereller. Au sein de l'Union européenne apparaît un clivage entre le gouvernement français, proche des thèses serbes, et le gouvernement allemand, plus favorable aux Croates. C'est la première dissension entre les deux principales puissances continentales sur le terrain diplomatique...

Les Européens s'occupent quant à eux de la ratification du traité de Maastricht. Surprise ! Le 2 juin 1992, le petit Danemark ose le rejeter par référendum. En France, le président Mitterrand est contraint par l'opinion de le soumettre également à référendum.

La campagne s'annonce difficile. Les opposants au traité appréhendent davantage l'affaiblissement de la démocratie que la disparition du franc. Ils ne sont qu'à moitié rassurés par l'article 3 du traité qui prône le «principe de subsidiarité». Ce mot désuet signifie que les instances européennes doivent s'abstenir d'intervenir dans les compétences pour lesquelles les instances inférieures (nationales ou locales) sont plus compétentes.

Dans les faits, c'est en sens inverse que va jouer la «subsidiarité», la Commission de Bruxelles et le Parlement de Strasbourg vont prendre l'habitude de traiter des domaines les plus incongrus (oiseaux migrateurs, teneur du plomb dans l'eau potable, définition du chocolat, diamètre de la banane...) pour camoufler leur impuissance à aborder les aspects véritablement régaliens : diplomatie, défense, droit social, sécurité, citoyenneté...

En attendant, le traité est approuvé d'extrême justesse par les Français tandis que les Danois sont invités à voter une deuxième fois et à l'approuver enfin. Le passage à la monnaie unique est prévu le 1er janvier 1999, la monnaie fiduciaire (pièces et billets) n'étant appelée à disparaître que le 1er janvier 2002.

Le traité met toutefois des conditions drastiques à l'entrée d'un pays dans l'union monétaire : limitation du déficit public à 3% ; dette publique limitée à 60% du PNB. Ces «critères de Maastricht» font l'objet d'un Pacte de stabilité et de croissance en 1995. Dès lors, les candidats à la monnaie unique n'ont plus d'autre priorité que de se les appliquer. L'épreuve s'avère particulièrement difficile pour l'Italie de Berlusconi.

Par chance, l'Allemagne est toute entière occupée par le redressement de sa partie orientale. Ses exportations sont en berne et, du coup, ses partenaires, telles l'Italie et la France, bénéficient d'un solde commercial positif. Leur désendettement extérieur en est d'autant facilité, selon le principe décrit plus haut (voir encadré) et l'État peut sans trop de douleur réduire ses dépenses et ses déficits . Il n'empêche que, bridée par les contraintes budgétaires, l'Europe dans son ensemble connaît dans les années 1990 une croissance économique très faible. Dans le même temps émergent la Chine et l'Inde, avec des taux de croissance d'environ 10% par an.

Au bout du compte, le 1er janvier 1999, un groupe de onze pays («L'Euroland» : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal) voient leurs monnaies fixées à l'euro par une parité fixe. La Grèce, au prix d'un gros effort de rigueur, rejoindra ce groupe deux ans après. Sous les flonflons de l'An 2000, l'Europe entre dans l'inconnu.



Prophètes de malheur

Des économistes parmi les plus grands dénoncent l'ineptie d'une union monétaire qui précède l'union politique. Ils mettent en doute la profession de foi européiste selon laquelle la monnaie unique entraînera naturellement une convergence des économies et des niveaux de vie.

Dès 1991, Paul Krugman, futur Prix Nobel d'économie, souligne le risque d'une spécialisation régionale par branche industrielle à l'échelle de l'Europe, qui aura pour effet d'accroître les asymétries entre les pays au lieu de les résorber. Mais il est aussi peu entendu que d'autres sommités comme les Prix Nobel Maurice Allais, Joseph Stiglitz et même le monétariste Milton Friedmann.

Une nouvelle fois visionnaire, l'historien Emmanuel Todd écrit en 1995 dans un avant-propos à une réédition de L'Invention de l'Europe : «Soit la monnaie unique ne se fait pas, et L'Invention de l'Europe apparaîtra comme une contribution à la compréhension de certaines impossibilités historiques.
Soit la monnaie unique est réalisée, et ce livre permettra de comprendre, dans vingt ans, pourquoi une unification étatique imposée en l'absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu'une société».


http://www.herodote.net/Une_histoire_de_la_Grande_Crise-synthese-1770.php
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Zabou18
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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Jeu 28 Fév 2013 - 8:59


Une histoire de la Grande Crise


L'effondrement des années 2000




À l'aube du IIIe millénaire, une sourde inquiétude traverse l'Europe. On cherche en vain dans les fêtes du Millénaire l'exubérance joyeuse et la foi dans le progrès qui avaient accompagné l'entrée dans le siècle précédent, en 1900. On s'en tient au scintillement de la Tour Eiffel et dans le même temps, on guette avec appréhension le «Bogue de l'An 2000» qui, en définitive, ne viendra pas.

La décennie précédente n'a rien résolu des problèmes en suspens en Europe et dans le monde. Le gouvernement américain maintient la pression sur l'Irak et asphyxie le pays sans réussir à abattre le régime. À Nairobi (Kénya) et ailleurs, des attentats attestent de la persistance du terrorisme islamiste.

Le gouvernement chinois encourage à tout va les exportations tout en gardant la mainmise sur son appareil économique et bancaire. L'Allemagne boucle l'immense chantier de la réunification et les onze ou douze pays de la future zone euro ajustent dans la douleur leurs finances publiques aux «critères de Maastricht».

Mais, dès le début de la décennie, on perçoit dans l'ensemble de la planète et plus spécialement en Asie l'amorce d'une croissance économique exceptionnelle. En Amérique et en Europe, la révolution internet, vieille d'à peine dix ans, fait tourner les têtes. Et Google (1998), Wikipedia (2001) et Facebook (2004) restent à découvrir...

On peut identifier aussi les trois détonateurs à l'origine des déséquilibres ultérieurs : la fusion en 1999 de la puissante «zone mark» et de l'Europe méditerranéenne dans une même zone monétaire, l'entrée de la Chine dans l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) en novembre 2001, l'ouverture des vannes du crédit aux États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001.


Le réveil de la Chine

À la conférence de Doha (Quatar), en novembre 2001, la Chine devient le 143e membre de l'OMC. Cette organisation née en 1995 se donne pour objectif de développer le commerce mondial en éliminant par la négociation les entraves de toutes sortes.

Dans les faits, la Chine est loin de répondre à ses exigences. L'essentiel de son système bancaire et la plupart de ses grandes entreprises demeurent sous l'emprise de l'État, cependant que les investissements étrangers sont sévèrement encadrés. Si elle réussit malgré tout à se faire accepter par l'OMC, c'est qu'elle bénéficie de la complicité active des grands distributeurs et industriels occidentaux, désireux de maximiser leurs profits en achetant en Chine à des prix «chinois» et en revendant en Europe à des prix «européens».

La Chine va ainsi pouvoir violer en toute impunité les règles du libre-échange : au lieu que les devises acquises en contrepartie des exportations soient converties en importations, le gouvernement chinois, par le biais de ses banques, les garde en réserve et les prête aux gouvernements occidentaux pour combler leurs déficits budgétaires. Ainsi maintient-il le cours de sa monnaie, le yuan, à un niveau anormalement bas. Ses exportations en sont d'autant plus facilitées.

Cerise sur le gâteau, les exportations chinoises de textiles cessent d'être contingentées en 2005 (fin de l'accord multifibres). C'est un coup mortel pour l'industrie textile européenne et un coup très dur pour les fabricants du Sud (Turquie, Tunisie, Maroc, Maurice...). Mais c'est aussi du pain bénit pour les distributeurs européens qui accroissent leurs marges et se gardent de baisser les prix de vente.

La Chine connaît dès lors, pendant plusieurs années de suite, une croissance phénoménale à deux chiffres qui la propulse à l'avant-scène mondiale. Les Jeux Olympiques de Pékin, le 8 août 2008, consacrent son triomphe et effacent deux siècles d'humiliations et de misère. Il n'est plus question pour les Occidentaux de morigéner les Chinois sur les droits de l'Homme ou la liberté du Tibet.

Assoiffés de matières premières et de produits agro-industriels, la Chine se tourne vers l'Afrique et la met en coupe réglée avec la bénédiction intéressée de ses dirigeants. Mais elle entre aussi en concurrence avec ses voisins du Sud-Est asiatique, l'Inde et le Japon, et cette concurrence prend même une tonalité martiale dans la mer de Chine.

Quant à l'Union européenne, elle encaisse plutôt bien le choc, ses importations venues de Chine étant contrebalançées par des ventes de machines, d'avions ou encore de produits de luxe. Mais l'«Empire du Milieu» montre de plus en plus d'intérêt pour le savoir-faire européen et ses entreprises d'État achètent tant qu'elles peuvent les entreprises de haute technologie occidentales. Le gouvernement prend lui-même des gages en prêtant aux États européens telle la Grèce.


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Cérémonie d'ouverture des J.O de Pékin


Les Américains sous le choc

Au début du millénaire, les États-Unis, comme les Européens, ne s'inquiètent guère du réveil de la Chine. Ils ont l'esprit tout occupé par les promesses d'internet et la spéculation bat son plein autour des jeunes entreprises du web. En 2000, l'une de ces entreprises, AOL, s'empare même du vénérable groupe de presse Time. Mais la «bulle internet» explose brutalement en 2001 : «adieu veau, vache, cochon, couvée» (Time et AOL divorceront en 2009).


Là-dessus surviennent les attentats du 11 septembre 2001 contre le World Trade Center et le Pentagone. Pour restaurer la confiance dans le pays après le choc émotionnel, le gouvernement de George Bush Jr convainc la Réserve Fédérale et les banques de libérer le crédit.

Les ménages les plus modestes se voient encouragés à acquérir la maison de leurs rêves sans aucun apport de capital, grâce au crédit hypothécaire à taux variable, gagé sur la valeur du bien.

Les organismes de crédit empruntent l'argent dont ils ont besoin à deux sociétés soutenues par l'État américain, Fannie Mae et Freddie Mac. Elles-mêmes doivent faire appel au marché bancaire. Mais quel banquier raisonnable accepterait de prêter de l'argent pour l'achat à crédit d'une maison par un ménage pauvre et aux revenus incertains?

Pour contourner l'obstacle et vendre ces créances douteuses, dites «subprimes» (inférieures aux primes, ou créances solides), les banques les compilent avec des titres fiables, de façon à diversifier les risques. Cette «titrisation» va on ne peut mieux fonctionner et concourir à une nouvelle bulle spéculative sur l'immobilier.

Mais les premières alertes surviennent à la fin 2006 avec la multiplication des défaillances chez les emprunteurs.

Des ménages pauvres, en nombre croissant, sont en effet affectés par la désindustrialisation, la concurrence asiatique et la baisse des salaires, ce qu'on appelle la «walmartisation» de l'économie américaine, du nom de Walmart, géant de la grande distribution, qui multiplie les emplois précaires et mal payés. Il est oublié le temps lointain où Ford et General Motors recrutaient des ouvriers à hauts salaires...

La «crise des subprimes» éclate le 24 juin 2007, avec la faillite de Queen's Walk, un «hedge funds» ou fonds de couverture. C'est la panique car toutes les banques de la planète craignent de détenir des fonds pourris.


La crise culmine le 15 septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers, le fleuron de Wall Street. Le gouvernement américain a refusé de l'aider afin de faire un exemple.

Mais trois jours plus tard, le Secrétaire du Trésor Henry Paulson annonce un plan massif de soutien au secteur bancaire pour éviter son effondrement, avec un crédit de 700 milliards de dollars. Il nationalise aussi AIG, autre banque puissante, pour lui éviter la faillite.

Le 6 octobre 2008, les bourses de la planète connaissent une brutale chute des cours. La croissance économique est affectée en Asie et dans les nouveaux «pays émergents» tels que le Brésil, mais elle s'effondre plus durablement aux États-Unis et surtout en Europe.

En 2009, le géant de l'automobile General Motors se place «sous la protection de l'article 11», autrement dit se déclare en cessation de paiement. Le gouvernement américain le nationalise provisoirement et le recapitalise

Douloureuse pour l'économie américaine, cette crise va avoir des effets encore plus violents et dramatiques sur l'économie européenne, pourtant relativement peu engagée dans les «hedge funds». Le paradoxe vient de ce que l'économie européenne a été entretemps affaiblie par la question monétaire...


Les Européens inventent la monnaie hors-sol

Le 1er janvier 2002, les habitants de douze pays de l'Union européenne ont accueilli avec un plaisir manifeste les pièces et les billets de leur nouvelle monnaie, l'euro. Annoncée par le traité de Maastricht (1992), elle a dans les faits remplacé les anciennes monnaies nationales trois ans auparavant, avec la fixation autoritaire du taux de change entre celles-ci et l'euro. Mais l'opinion publique n'a pris la mesure du changement qu'avec l'apparition de la monnaie fiduciaire (pièces et billets), que l'on peut voir et toucher. Même les sceptiques, comme l'historien Emmanuel Todd, ont alors participé à la félicité générale.

C'est la première fois dans l'Histoire qu'une monnaie est ainsi créée en-dehors de toute attache à un État, sous l'égide d'une Banque Centrale Européenne (BCE) indépendante dont la seule mission est de prévenir le retour de l'inflation, hantise des épargnants et des détenteurs de capitaux. Les promoteurs de la monnaie unique assurent que celle-ci va réduire les écarts de niveau de vie entre les peuples en facilitant les comparaisons de prix et de revenus d'un pays à l'autre.

- Les pays méditerranéens et l'euro :

En attendant, les États et les investisseurs de la façade méditerranéenne profitent de ce que les banques sont disposées à leur prêter à des conditions aussi avantageuses qu'aux pays de l'ancienne «zone mark». En Espagne, mais aussi en Irlande, les investisseurs se détournent de l'industrie, trop risquée, pour l'immobilier. La Grèce et le Portugal préfèrent quant à eux étendre leurs infrastructures : Jeux Olympiques d'Athènes, Exposition de Lisbonne, aéroports, autoroutes, ponts, armements... La France s'offre le luxe de laisser filer sa dette publique en allégeant principalement ses impôts et accroissant ses dépenses.

Gardons-nous de critiquer a posteriori ces choix économiques. Souvenons-nous que l’Espagne, en 2008, quand a éclaté la crise bancaire, faisait encore figure de modèle avec des finances publiques saines, une balance commerciale à peu près équilibrée et un boum immobilier, tandis que la Grèce afficha, pendant les premières années de la décennie, un taux de croissance de 4% par an, parmi les plus élevés en Europe.

Dans un rapport présenté au président Nicolas Sarkozy en janvier 2008, on peut lire ces lignes d’anthologie : «L’Italie, le Portugal, la Grèce et plusieurs nouveaux États membres ont (...) mené des réformes courageuses, pour contrôler leurs dépenses publiques, moderniser leur administration, et mieux recruter leurs agents publics. L'Espagne a œuvré pour l'accès de tous à la propriété du logement, dans une économie en quasi plein-emploi» (page 13 du rapport). Parmi les signataires de ces lignes figurent Jacques Attali et le professeur Mario Monti. Avant de succéder à Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement italien, en novembre 2011, ce dernier dirigea la Concurrence à la Commission de Bruxelles. La France lui doit d’avoir perdu Péchiney et le leadership mondial dans l’aluminium…

- L'Allemagne et l'euro :

En Allemagne, après les affres de la réunification, le chancelier Gerhard Schröder restaure la compétitivité de l'industrie, fer de lance des exportations et moteur de la prospérité. Les grandes entreprises délocalisent en Europe de l'Est leurs activités à faible valeur ajoutée. En Allemagne même, l'élite ouvrière hautement qualifiée accepte des efforts salariaux, d'autant mieux qu'ils vont de pair avec des baisses de prix sur les services.

Ces baisses de prix sont obtenues en 2003-2005 par une dérégulation massive du marché du travail sous l'impulsion de Peter Hartz, directeur du personnel de Volkswagen. Les chômeurs sans qualification professionnelle, Allemands de souche ou immigrés, se voient contraints d'accepter le premier emploi venu, parfois à un euro de l'heure. C'est une aubaine pour le secteur agro-alimentaire qui recrute en masse des Polonais et des Roumains sous-payés et rafle des parts de marché à l'étranger. C'est ainsi que la France, vieux et riche pays agricole, passe derrière l'Allemagne en matière d'exportations agro-alimentaires dès 2007 !

Le gouvernement allemand décourage par ailleurs les importations et la consommation intérieure en augmentant très fortement la TVA, sans se soucier là aussi de ses partenaires européens.

Les résultats de cette politique se font sentir dès 2005 avec d'une part une baisse des importations, d'autre part une très forte poussée des exportations dans les pays de la zone euro...


La démocratie européenne en panne

Pendant ce temps, comme prévu, les Européens ressentent la nécessité de resserrer leurs liens pour mieux encadrer la monnaie unique et relever le défi de l'élargissement de l'Union très au-delà de ses frontières initiales. En 2007 sont attendues la Bulgarie et la Roumanie, 26e et 27e pays membres, et déjà l'on évoque l'entrée de la Turquie.

Une assemblée d'experts, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, rédige un projet de traité constitutionnel de quelques centaines de pages. Il est soumis à référendum en Espagne et massivement approuvé par les citoyens, reconnaissants à l'Union de la prospérité qu'elle leur a apportée.

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Les Français et les Hollandais sont à leur tour appelés à se prononcer par référendum. Les 29 mai et 2 juin 2005, après des campagnes passionnées et des débats de haute volée, ils rejettent massivement le projet, révulsés par une classe dirigeante qui ne tient aucun compte des aspirations populaires sur la candidature de la Turquie comme sur l'ouverture des frontières, les règles sociales et économiques etc.

Le traité constitutionnel est néanmoins entériné par les dirigeants européens sous le nom de «traité de Lisbonne» le 13 décembre 2007 mais, comme le craignaient ses opposants, il ne va améliorer en rien le fonctionnement de l'Union. Celle-ci pointe aux abonnés absents et se divise dans toutes les crises régionales (Palestine, Libye, Syrie, Mali...). Elle n'ouvre aucun chantier nouveau et s'en tient à menacer de sanctions les États jugés trop laxistes. Par contre, forte de son droit d'initiative, la Commission de Bruxelles déréglemente à tout va, à seule fin de satisfaire les lobbies économiques établis dans la capitale belge (parmi les dernières mesures en date, le retour en grâce des farines animales). Qui sait si les historiens du futur ne fixeront pas à 2005 le décès de la démocratie représentative ?


La course à l'abîme

La tempête bancaire venue des États-Unis atteint de plein fouet l'Europe à l'automne 2008. Elle prend de court la Commission européenne, ce qui ne doit pas surprendre, les chefs d'État et de gouvernement ayant veillé à ce qu'elle ne leur fasse jamais d'ombre et que leurs membres soient absolument dépourvus de charisme.

C'est en définitive le président français Nicolas Sarkozy qui mobilise ses collègues sur un plan de sauvetage du secteur bancaire, après une réunion de crise avec Jean-Claude Trichet, président de la BCE, Jean-Claude Junker, président de l'Eurogroupe, et surtout Gordon Brown, Premier ministre britannique, réputé pour ses compétences économiques.

La chancelière allemande Angela Merkel, qui veut s'en tenir au traitement cas par cas des banques en difficulté, se fait tirer l'oreille. C'est la première des divergences franco-allemandes qui vont émailler les dernières années de la crise.

Mais en promettant d'importantes facilités de prêts et de recapitalisation aux banques qui ont imprudemment spéculé sur les emprunts toxiques, les États européens fragilisent leur propre équilibre financier. On se met à redouter que certains États ne puissent plus rembourser leurs emprunts. Leurs créanciers réclament en conséquence des intérêts plus élevés pour couvrir leur prise de risque.

Sont concernés en premier lieu les pays qui se sont endettés pour combler leur déficit commercial (en premier lieu la Grèce et le Portugal) et ceux qui se sont lancés dans des spéculations hasardeuses dans l'immobilier (l'Espagne ou encore l'Irlande).

Le 6 décembre 2008, la Grèce connaît une première révolte sociale, motivée par la mort d'un jeune homme de 15 ans sous les balles d'un policier. Un an plus tard, les élections et l'arrivée au pouvoir du socialiste Georges Papandréou mettent en lumière l'ampleur de la dette grecque et son maquillage par la banque Goldman Sachs. Une «troïka» constituée de représentants de la BCE, du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Commission Européenne s'installe à Athènes pour veiller à l'application d'une stricte politique de rigueur par le gouvernement.

Le gouvernement taille à tout va dans les salaires et les prestations sociales. La population plonge dans la misère et voit ressurgir le spectre du sous-développement. Et contrairement aux attentes des techniciens bruxellois, le déficit des finances publiques ne se réduit pas. La raison en est simple à comprendre : la baisse des revenus freine la consommation et l'absence de perspective annihile les investissements ; il s'ensuit un effondrement de l'activité et, comme les entreprises en faillite ne paient pas d'impôt, l'État voit ses recettes fiscales diminuer plus vite que ses dépenses. CQFD.

En octobre 2012, Olivier Blanchard, N°2 du FMI, reconnaît une erreur d'appréciation dans la rigueur imposée aux États européens, à commencer par la Grèce. Il admet qu'a été gravement sous-évalué, dans un rapport de 1 à 3, l'impact négatif des économies budgétaires sur l'activité. Mais le mal est fait. Aux antipodes des belles promesses de la monnaie unique, les pays méditerranéens découvrent le chômage et la pauvreté de masse. La France elle-même est frappée en 2012 avec une désindustrialisation qui prend l'allure d'un maëlstrom (PSA, Goodyear...).

Entre l'Europe méditerranéenne et l'Europe germanique, les écarts deviennent béants et cet échec grandiose survient sur fond de récession généralisée car même l'Allemagne connaît maintenant, en 2012-2013, une croissance nulle ou négative, avec une baisse de l'espérance de vie de la fraction la plus pauvre de sa population, alors que le reste du monde, y compris les États-Unis, jouit d'une croissance économique plutôt rapide.

De ce survol de quatre décennies d'Histoire européenne et de l'effondrement des années 2000, nous allons nous efforcer de tirer un diagnostic et chercher une issue possible...

Joseph Savès


http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=1808&ID_dossier=394
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Zabou18
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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Jeu 28 Fév 2013 - 9:12


Une histoire de la Grande Crise


Diagnostic et perspectives



Avec la Crise des années 2000, l'Europe est rattrapée par l'Histoire. C'est la conséquence d'une succession de choix politiques qui remontent aux années 1970.

Cela a commencé avec l'enterrement des «Trente Glorieuses», dans les années 1970. Après le sursaut des années 1980 et le relâchement des années 1990, on s'est pris à rêver d'une Europe débarrassée de l'inflation et de l'instabilité. Mais le rêve s'est transformé en cauchemar, avec le risque qu'une partie de l'Europe bascule dans le sous-développement aussi vite que d'autres régions en sont sorties, la Chine littorale par exemple.

Comment a-t-il été possible de commettre autant de dégâts en une courte décennie? Nous n'avons affaire ni à un coup du sort ni à un complot de l'étranger mais à un contresens politique énorme, rendu possible par une oligarchie aveuglée par son égoïsme... et des citoyens peu regardants sur les aptitudes de leurs élus.

Joseph Savès


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Guérilla urbaine à Athènes devant le Parlement européen (13 février 2012)


Erreur de prévision

Au tournant de l'An 2000, les principaux pays européens, dont la France, présentaient une situation relativement saine : chômage en recul, balance commerciale peu ou prou équilibrée, endettement modéré... Dans le même temps s'est mis en place l'euro, sur la foi d'un projet purement idéologique.

Le projet de monnaie européenne ne manquait pas d'allure mais il a été bâti uniquement avec l'ambition de mettre les fortunes à l'abri de l'inflation et, pour cela, on a voulu une monnaie unique, calquée sur le mark allemand, qui séduise les emprunteurs et conserve un cours élevé par rapport aux autres devises.

Contre toute attente, on a découvert, au milieu de la décennie, que les économies de la zone euro divergeaient au lieu de se rapprocher : les pays industriels traditionnellement exportateurs accumulaient les excédents et les autres les déficits ; les riches devenaient plus riches et les pauvres plus pauvres. L'Allemagne «fourmi» exultait tandis que la Grèce «cigale» pleurait.

Pour ne pas avoir à se dédire, les promoteurs de la monnaie unique, autrement dit la quasi-totalité de l'oligarchie, de la classe politique, des économistes et des médias, ont attribué ce phénomène au laxisme budgétaire de certains États : «Haro sur la dette, la gabegie et les fonctionnaires !». C'était prendre la conséquence pour la cause.


Les déficits publics sont la conséquence et non la cause du mal !

En d'autres termes, ce n'est pas parce que les budgets de la Grèce ou de la France sont en déficit que ces pays se portent mal mais c'est, au contraire, parce que ces pays se portent mal que leurs finances publiques sont en déficit.

Le mal réside en l'occurence dans le déficit commercial, avec des importations de marchandises chaque année plus importantes que les exportations. Il s'ensuit mécaniquement une déperdition de monnaie égale au déficit commercial.

Or, par un principe économique de base, tout pays a une balance des paiements nécessairement et constamment à l'équilibre, avec autant d'argent qui entre et qui sort. Dès lors que le solde commercial occasionne une déperdition de monnaie, celle-ci est compensée d'une façon ou d'une autre.

1/ L'État peut la compenser en s'endettant auprès de l'étranger. Il va alors recycler cet argent dans le circuit économique. Il peut secourir les chômeurs victimes de la concurrence étrangère : aides sociales ou création d'emplois aidés. Ou, mieux encore, il peut aider les entreprises à y faire face : aide à l'embauche, l'investissement et la recherche...

2/ L'État peut aussi entériner le déficit commercial et se résigner à l'appauvrissement de la population : par une réduction autoritaire des revenus, il va faire en sorte que les importations redescendent au niveau des exportations.

La première attitude est celle des États démocratiques, soucieux de préserver la cohésion nationale ; la seconde est celle imposée par la «troïka» à Athènes et dont on a vu la difficulté de mise en oeuvre et l'injustice sociale, les classes dominantes ayant toujours moyen d'échapper à la rigueur commune.

Il y a un troisième remède au déficit commercial, qui consiste à dévaluer la monnaie de l'État (lorsqu'il y en a une) ou laisser glisser son taux de change.

La dévaluation permet de répartir l'effort de façon parfaitement équitable et indolore entre tous les citoyens. Au demeurant, cet effort est relatif : la dévaluation accroît le prix des importations mais n'affecte pas le prix des productions nationales. D'autre part, cerise sur le gâteau, elle réduit le prix des exportations et permet de relancer celles-ci, autrement dit de développer l'activité.

[Note : le prix du carburant (produit sensible entre tous) est à plus de 80% constitué par les taxes intérieures, le coût du raffinage et de la distribution ; l'effet d'une dévaluation est dans ce cas facilement compensé.]

Par le biais d'une dévalorisation régulière du franc par rapport au mark, la France a pu ainsi, pendant un demi-siècle, se confronter avec succès à l'Allemagne, en dépit d'une organisation industrielle beaucoup moins agressive. Il y a encore une quinzaine d'années, PSA pouvait concourir avec Volkswagen pour la première place dans l'industrie automobile européenne.

En imposant une monnaie unique à des pays aussi différents que la France et l'Allemagne, la Grèce et les Pays-Bas, on a agi comme un manager de boxe qui opposerait sur le ring un «poids lourd» à un «poids léger» : l'un et l'autre se valent, avec leurs qualités et leurs défauts mais ils ne sont pas faits pour s'affronter sans barrière.

Ainsi la France et la Grèce ont-elles pu pendant des décennies ou des siècles se développer, en cultivant une manière faite de solidarité, de créativité, d'un certain laissez-aller aussi, qui donne du goût à la vie... De même les Pays-Bas et l'Allemagne, avec d'autres qualités collectives.

Cet équilibre a été rompu dans les années 2000 avec l'introduction de la monnaie unique. Les Allemands ont retroussé leurs manches, fait voeu d'austérité, réduit leurs dépenses (main-d'oeuvre étrangère corvéable à merci) et découragé les importations (hausse de la TVA), ce qu'aucun Français n'aurait accepté, y compris parmi les laudateurs du «modèle allemand». Ils ont ainsi pu inonder leurs voisins avec leurs produits industriels et agricoles sans leur laisser aucune possibilité de riposte.

Ces succès appartiennent déjà au passé. L'Allemagne commence à voir ses exportations fléchir faute de clients solvables. La voilà atteinte à son tour par la récession économique qui frappe l'ensemble de l'Europe...


Faux amis

Les exemples étrangers confirment l'analyse ci-dessus.

Considérons d'abord le Japon. Sa dette publique est plus importante qu'aucune autre (deux fois le PIB). Pourtant, le pays demeure riche et solide avec une espérance de vie et des critères de bien-être très élevés.

C'est que le Japon a une balance commerciale équilibrée et n'a pas besoin d'emprunter à l'étranger. Sa dette publique, toute entière souscrite par des nationaux, n'est donc pas de même que celle de la France ou la Grèce. C'est une forme d'impôt rémunéré, avec l'avantage que les créanciers sont solidaires de l'État et n'ont pas intérêt à spéculer contre lui. Si celui-ci fait faillite, eux-mêmes en pâtiront.

Le Canada et la Suède, confrontés à une dette publique importante, dans les années 1990, ont d'abord procédé à une dévaluation de leur monnaie et rééquilibré leur balance commerciale. Cela fait, le rééquilibrage des finances publiques a été un jeu d'enfant : avec un secteur productif en ordre de marche, nul n'avait plus besoin des secours de l'État.

Le plus spectaculaire est le cas de l'Islande. Frappée plus qu'aucun autre pays par les dérives de son secteur bancaire en 2008, elle a retrouvé en trois ans à peine le chemin de la croissance. Au risque de nous répéter, elle n'a rien fait d'autre pour cela que de dévaluer sa monnaie.


Une solution, la monnaie «commune» et non pas «unique» ?

Permettez-moi de soumettre à votre réflexion une solution propre à réconcilier les citoyens européens avec l'euro. Il s'agit de transformer la monnaie «unique» en une monnaie «commune», en réintroduisant des monnaies nationales (drachme, franc, mark...) adossées à cette monnaie commune. Cette solution a été envisagée lors du débat sur la monnaie européenne mais trop vite écartée par les Allemands et les Français.

- La monnaie commune se présente, dans cette hypothèse, comme une monnaie complémentaire des monnaies nationales. Elle est réservée aux transactions extra-européennes (importations de marchandises chinoise ou de pétrole moyen-oriental). Étant adossée aux États les plus riches du continent, elle est sûre d'être respectée par les interlocuteurs financiers du reste de la planète et à l'abri d'éventuelles attaques de spéculateurs.

- Chaque pays utilise par ailleurs sa monnaie nationale pour les usages domestiques et les échanges avec le reste de la zone monétaire européenne.

[Note : avec la monnaie commune, on est conduit à réintroduire le change des pièces et des billets entre les pays européens pour les petits achats hors de chez soi ; ce petit inconvénient pratique doit être rapporté à l'inconvénient majeur de la monnaie unique : ruine des États méditerranéens, désindustrialisation et chômage de masse... Refuserait-on un médicament sous prétexte qu'il a mauvais goût ?]

L'avantage décisif de la monnaie commune est d'autoriser les réajustements monétaires entre États européens, en cas de déséquilibre flagrant des échanges.

Supposons que la balance commerciale d'un pays vienne à se dégrader brutalement comme c'est le cas aujourd'hui en France ou en Grèce : le pays va demander un réajustement de son taux de change par rapport à la monnaie commune et, de la sorte, relancer en douceur ses exportations et réduire ses importations.

Appliquée à la Grèce, cette solution lui eut permis de rétablir à bon compte sa compétitivité touristique et agricole par rapport à ses concurrents extra-européens (Turquie, Tunisie...). Appliquée à la France, elle eut évité à son industrie automobile que de simples erreurs de gestion s'avèrent mortelles face au rouleau compresseur allemand.

Il n'est pas trop tard pour mettre en oeuvre cette solution. Mais qui arrêtera la course à l'abîme?


http://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=1809&ID_dossier=394
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Re: Chronique d'une crise

Message par gemini le Jeu 28 Fév 2013 - 9:28

Il faut sortir du système, les financiers n'ont qu'un seul mot à la bouche : "profit".
Pour y arriver leur solution est plus de flexibilité, réduction des salaires des actifs, réduction des retraites, embauche des jeunes au dessous du smic. Tout ceci pour permettre à l'économie (leur économie bien sûr) de repartir. Ce ne sont pas des financiers étrangers, mais des Français. A aucun moment ils ne parlent de réduire leurs émoluments.
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Il en a...LUI...!

Message par sakura FN le Jeu 28 Fév 2013 - 10:36

Ce "monsieur "est le porte-parole et dit tout ce que le "vrai Français" pense chaque jour,de plus en plus...
Cette lettre est excellente mais ne pourra atterrir ,au final,que dans une corbeille...
----

En voilà un qui n'aime pas les lettres anonymes !!!!!!!!!
> > > > > > > Des couilles il a, ce Dubaquié !


Monsieur le Président ,J'espère que votre secrétariat va être submergé par le courrier des retraités !!
> > > > > > > Ceux qui sont en retraite de nos jours n'ont pas travaillé 35h00 par semaine, n'ont pas eu 5 semaines de congés payés, 20 jours de RTT, n'ont pas commencé à travailler entre 22 et 25 ans, et pour beaucoup, les retraités du privé, ont travaillé après 60 ans,en ayant commencé à 16 ans voir moins !
> > > > > > >
> > > > > > > Et, aujourd’hui ils devraient être pénalisés, quelle honte.
> > > > > > > Ils ont largement cotisé.
> > > > > > > Les retraités aident leurs enfants, petits enfants, le chômage touche tout le monde, les études sont de plus en plus chères, et les grands-parents sont continuellement sollicités.
> > > > > > >
> > > > > > > Alors STOP
> > > > > > >
> > > > > > > Il y a des économies à faire dans ce pays, mais les énarques, sont tellement loin des réalités quotidiennes...
> > > > > > >
> > > > > > > Des amies à moi, ouvrières en couture, touchent aujourd'hui 900 € / mois et les cas comme celui-là ne manquent pas..
> > > > > > > Ces femmes dont il est question, vont devoir sauver la sécurité sociale, dont profitent certains qui n'ont jamais cotisé ?
> > > > > > > Des vieux retraités habitant de vieux logements mal isolés vont devoir payer plus cher leur électricité pendant que des étrangers en situation irrégulière vont être logés et chauffés aux frais du contribuable.
> > > > > > >
> > > > > > > Honte à vous, gens de gauche, près du peuple soit disant.
> > > > > > >
> > > > > > > Je n'ai pas fait de grandes études mais je peux vous donner quelques solutions pour faire des économies :
> > > > > > > - Supprimer le SENAT qui ne sert à rien, et que vous avez tant décrié quand vous n'en aviez pas le contrôle !
> > > > > > > 80% de ces gens ont largement dépassé l'âge de la retraite, et continuent de percevoir des revenus indécents pour dormir dans des sièges confortables !
> > > > > > > - Diviser par 2 le nombre des députés, cela suffirait.
> > > > > > > - Supprimer les budgets alloués par l'Etat à la presse quotidienne, aux journaux télévisés, aux radios, qu'ils se financent avec la publicité
> > > > > > > - Supprimer la gratuité totale de l'ENA, pour ceux qui accèdent à des postes de cadres dirigeants dans le privé, ils devraient rembourser...
> > > > > > > - Supprimer les avantages donnés aux fonctionnaires en poste outre-mer, et aux investisseurs tous les départements français devraient être égaux.
> > > > > > > - Aligner le système de retraite des fonctionnaires sur le système des privés, vous qui parlez toujours de supprimer les privilèges.
> > > > > > > - Rétablir les 39 heures/semaine dans la fonction publique.
> > > > > > > - Supprimer les subventions aux multiples associations, dont beaucoup sont, comme SOS racisme, des officines de la gauche..
> > > > > > > - On peut aussi supprimer les abattements d'impôts octroyés aux journalistes !
> > > > > > > C'est un avantage injuste, mais c’est vrai qu'ils ont largement contribués à l'arrivée au pouvoir de la gauche, et qu'il faut donc les récompenser...mais : motus !..
> > > > > > >
> > > > > > > Cet argent gaspillé sont NOS impôts, alors STOP !
> > > > > > >
> > > > > > > Un peu plus de contrôles pour éviter les arrêts maladie de complaisance,et réduire un peu le trou de la CPAM.
> > > > > > > STOP aux primes allouées aux médecins qui ne prescrivent pas trop de médicaments ! ils font tout simplement leur travail consciencieusement, en évitant d'engraisser les grands laboratoires pharmaceutiques, si bien défendus par Mme Bachelot,
> > > > > > > HONTE à elle, prête à tout pour exister.
> > > > > > > Passer des accords avec les dirigeants des pays du MAGREB, pour que les Voyous étrangers, soient emprisonnés dans leur pays pour la durée de leur peine, et ne soient pas à la charge de notre Pays.Les prisons chez eux sont de vraies prisons et non des centres de loisirs qui nous coûtent très cher.
> > > > > > > STOP à l'AME véritable pompe aspirante !!STOP aux voyages à l'étranger avec autant de ministres, ces déplacements sont simplement des "remerciements" des vacances offertes gracieusement...
> > > > > > > Les Retraités ont le temps d'aller en vacances, en week-end, au cinéma, au restaurant, au club de sport (pour certains) et alors ? ce n'est pas gratuit pour eux, et ils contribuent à l'économie du Pays, et c'est encore sur cette population que l'on veut frapper !
> > > > > > > Les retraités propriétaires sont montrés du doigt !! mais ils se sont privés toute leur vie pour ne plus avoir de loyer à payer pendant leur retraite, ils payent déjà sur leur logement, qu'ils ont remboursé en 15 ou 20 ans, des impôts fonciers de plus en plus lourds... il faut donc pénaliser les gens économes et travailleurs, pour aider ceux qui ont profité des largesses de la société toute leur vie ?
> > > > > > > Et maintenant il est question de les imposer sur un « loyer fictif » mais n'est ce pas déjà cela l'impôt foncier ?
> > > > > > > Vous n'ignorez pas les tarifs d’hébergement des maisons de retraite 2200 euros et plus par mois,
> > > > > > > Qui peut financer cela ?
> > > > > > > Celles et ceux qui n'en n’ont pas les moyens se retrouvent dans des mouroirs, alors que les prisons sont de plus en plus luxueuses et gratuites !
> > > > > > >
> > > > > > > La fameuse «relance» dont vous aviez le secret se traduit aujourd'hui par une croissance zéro en 2012 et aussi en 2013.
> > > > > > > Diminuer le cout du travail ne couterait rien si l'on revenait à 3 semaines de congés, mais ce sont les syndicats qui vous ont fait roi et aujourd'hui ils vous tiennent, alors vous amusez la galerie avec le mariage des homos et le vote des étrangers....
> > > > > > >
> > > > > > > Le remuménage autour d'une bande de petits voyous islamistes est bien venu pour faire oublier que dans les sondages votre côte est en chute libre.
> > > > > > > Les français ne sont peut être pas aussi cons que vous le pensiez !
> > > > > > >
> > > > > > > Ne méprisez pas ce message et agréez, Monsieur le Président, mes salutations.
> > > > > > > Cette lettre exprime ce qu’un très grand nombre de personnes découvrent, pensent, et veulent dire haut et fort !
> > > > > > > Hélas … je suis sûr que son destinataire, principal intéressé, s’en moquera, enfermé dans sa « normalitude », entouré de son gouvernement de pieds nickelés et imbu de sa haute fonction de Président élu !
> > > > > > >
> > > > > > > Faîtes suivre SVP
> > > > > > > Nous avons un droit de citoyens,
> > > > > > > celui de dénoncer
> > > > > > > un Etat catastrophe.
> > > > > > >
> > > > > > > Alain Dubaquié
6, rue de LionFrontenay sur DiveF-
86330 SAINT JEAN DE SAUVES
France
Tel : 0549505784
Qui regrette d’avoir voté pour vous !





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LA DETTE...

Message par sakura FN le Jeu 28 Fév 2013 - 10:42

Quand les Français comprendront-t-ils enfin qu'ils sont pris pour des cons par un gang de politiciens de tous bords qui se foutent totalement de la France et de ce qui l'attend !!!!!
> > > >
On le savait, mais ça ne fait pas plaisir pour autant !!!!!
Et ça c’est normal ? alors que nous on s’enfonce pour eux !!!!!
Endettement de la France : 85% du Produit Intérieur Brut.
La France a décidé d’annuler la dette publique de la Guinée-Bissau : 10 millions d’Euros.
La France efface la dette des Comores : montant inconnu.
La France efface la dette de Madagascar : 375 millions.
La France efface 90% de la dette ivoirienne : 2 milliards d’euros.
La France efface la moitié de la dette des Seychelles : 100 millions d’euros.
La France efface la dette de la République du Congo : 700 millions d’euros.
La France efface la dette du Malawi : 10 millions d’euros.
La France efface la dette du Togo : 100 millions d’euros.
La France prête au Maroc 625 millions d’euros à taux réduit, voire zéro. Dette annulée
La France prête au Nigeria 70 millions d’euros. Dette annulée
La France prête 150 millions d’euros aux Philippines. Dette annulée
La France prête 20 millions d’euros au Vietnam. Dette annulée
La France prête 75 millions d’euros à l’Ouganda. Dette annulée
La France prête au Mexique 300 millions d’euros. Dette annulée
La France prête 45 millions d’euros à la Mauritanie. Dette annulée
La France prête 50 millions d’euros à l’Egypte. Dette annulée
La France prête 125 millions d’euros au Sénégal. Dette annulée
La France prête 16 milliards d’euros à la Grèce. Dette annulée
La France prête 6 milliards d’euros à ses constructeurs automobiles.
Pour délocaliser les productions. Dette annulée
La France prête à débloquer 50 millions d’euros pour Mayotte. Dette effacée
La France dépense 500 millions pour le droit d’asile.
La France dépense 800 millions pour l’AME (sécu des étrangers).
Continuons à ce rythme et dans peu de temps il ne faudra plus dire la France, mais la Grèce bis !
Et nous nos dettes c’est quand qu’ils l’effacent ?
La sécu nous rembourse de moins en moins, pour dans le même temps soigner des gens de "TOUS les COINS" du monde qui ont trouvé de l'argent pour payer les passeurs pour venir mais n'en n'ont plus en arrivant chez nous.
Ras le bol de payer pour ces gens venus illégalement car on ne peut plus accueillir toute la misère du monde !
Pensons un peu à nous, les Français canal historique, qui avons déjà énormément cotisé à la sécu.
Ce serait un juste retour des choses. Mais non !
L'Aide Médicale d'Etat (A.M.E .) : Un cadeau bien luxueux, alors qu'on nous demande de nous serrer la ceinture, parce que les caisses sont vides
L'AME permet ainsi de couvrir le tourisme médical aux frais du contribuable Français. Laurent Lantieri, le grand spécialiste français de la greffe du visage, a confié son agacement :
"Soigner les étrangers en cas d'urgence ou pour des maladies contagieuses qui pourraient se propager me paraît légitime et nécessaire.
En revanche, je vois arriver à ma consultation des patients qui abusent du système".
Claudine Blanchet-Bardon, spécialiste des maladies génétiques de la peau, voit débarquer des patients AME venus du bout du monde :
" Ils arrivent clandestinement ici, et à cause des associations en tous genres, ces gens restent tranquilles pendant trois mois et débarquent à ma consultation avec leur attestation AME, accompagnés d'un interprète.
L'interprète, lui, ils le payent " mais pas ce qui est médical !!
Un cancérologue raconte :
" Nous avons des patients qui vivent en Algérie et qui ont l'AME.
Ils viennent en France régulièrement pour leur traitement, puis repartent chez eux.
Ils ne payent que l'avion...
Un médecin raconte :
" Des femmes sans-papiers peuvent faire valoir leurs droits à des traitements d'aide médicale à la procréation.
Chaque tentative de fécondation in vitro (FIV) coûte entre 8000 et 10.000EUR.
Les seules conditions requises pour obtenir l'AME sont : - 3 mois de résidence en France - des ressources inférieures à 634 EUR par mois.
Toi, tu paies tes impôts et tes remboursements de la SECU diminuent.
Les demandeurs étant hors-la-loi, le calcul des ressources relève de la fiction et malgré cela la CPAM délivre le sésame.
Depuis deux ans, la facture de la couverture médicale des sans-papiers s'envole.
Son rythme de progression est trois à quatre fois supérieur à celui des dépenses de santé de tout le pays : + 13% en 2009 (530 millions d'euros pour 210.000 bénéficiaires) et + 17% au début de cette année.
De toute évidence, l'enveloppe de 535 millions d'euros prévue en 2010 sera largement dépassée !
Pour l'an prochain, ce sont 588 millions d'euros que Bercy a mis de côté pour l'AME soit, à peu de chose près, le montant des recettes fiscales que le gouvernement veut récupérer sur les mariés-pacsés-divorcés, ou encore le coût global du bouclier fiscal.
L'Aide Médicale d'Etat (A.M.E.) finance des cures thermales et le trafic du Subutex (31.08.2010)
Le subutex est un produit de substitution de l'héroïne, c'est à dire qu'il sert à éviter l'état de manque chez les personnes désireuses de ne plus consommer cette drogue . Il leur permet également de résister à la tentation de recommencer dans toutes les circonstances qui peuvent les amener à reconsommer (sollicitations, contrariétés, pressions morales, déprime ou dépression). Il est utilisé par prise sous la langue. Sa prescription chez un ancien usager d'héroïne peut être utile durant plusieurs années voire à vie.
Le député Thierry Mariani interrogé sur l'AME :
"L'Aide médicale d'Etat est nécessaire pour des motifs humanitaires : il est normal qu'un étranger en danger grave immédiat soit soigné dans notre pays. Mais ce que je veux, c'est en limiter les dérives".
Ces deux dernières années, les dépenses de l'AME ont augmenté quatre fois plus vite que celles du régime général, soit 17% ; et ces dix derniers mois.
Accrochez-vous, elles ont augmenté, en Ile-de-France, de 66%
On ne peut pas expliquer aux bénéficiaires du régime général que l'on cesse de rembourser certains de leurs médicaments pour tenir les 3% d'augmentation tout en maintenant l'AME, qui coûte 100 millions d'euros, au profit d'étrangers en situation illégale !
Par ailleurs, il n'est pas juste non plus qu'un Français paye un forfait hospitalier et pas un immigré illégal.
Quelle injustice quand même !!!!!!!
Soit vous pouvez faire passer cette information qui a été vérifiée, ou bien vous pouvez continuer à bayer aux corneilles, parce que de l'argent vous en avez plein les valises !!!!!!!
A + pour découvrir d'autres scandales de ce genre... on n'en est plus à un près !
Faire suivre ...... Il faut que cela fasse vite le tour de France !!!!!
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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Jeu 28 Fév 2013 - 11:07

Bonjour Sakura,

Ce sujet étant une synthèse de la crise, le débat est ouvert sur l'effondrement de l'euro ainsi que sur ses conséquences.

La particularité des articles ci-dessus est qu'ils ont été écrits , non par un économiste mais par un historien.

La pertinence du diagnostic et des éventuelles solutions, m'amène à me faire cette réflexion: "Devant l'ampleur de l'hécatombe européiste, un historien est plus à même de proposer des réponses efficaces que tout le bataillon de spécialistes vendus aux oligarques."

En conclusion des copiés-collés de mail ne trouvent pas leur place ici.
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Re: Chronique d'une crise

Message par gemini le Jeu 28 Fév 2013 - 11:11

L'histoire est en effet pleine d'enseignements.

Pour l'instant ils peuvent continuer à jouer du violon parce qu'il détiennent les médias et poussent le volume à fond.
Les peuples sont fatigués d'être menés en bateau, cependant ce sont les pseudos spécialistes qui donnent le ton.
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Re: Chronique d'une crise

Message par Zabou18 le Jeu 28 Fév 2013 - 11:23

@gemini a écrit:
L'histoire est en effet pleine d'enseignements.

Pour l'instant ils peuvent continuer à jouer du violon parce qu'il détiennent les médias et poussent le volume à fond.
Les peuples sont fatigués d'être menés en bateau, cependant ce sont les pseudo- spécialistes qui donnent le ton.

Les pseudo-spécialistes servent d'écrans de fumée.

L'économie est difficilement à la portée de tous, ils le savent et jouent avec les mots.
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LA FRANCE VA MAL...!

Message par sakura FN le Lun 4 Mar 2013 - 13:44

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Re: Chronique d'une crise

Message par pierre le Lun 4 Mar 2013 - 15:11


Résumé final...

Pour être honnête, depuis 40 ans, je n’ai jamais vu, sauf en Argentine, une telle rage de la part des autorités politiques pour détruire l’appareil productif d’un pays au nom d’une idéologie à la fois technocratique (l’euro) et égalitaire (le socialisme de redistribution). Nous sommes gouvernés par la classe politique la plus nulle de l’Histoire de France, que les Français ont élu en connaissance de cause, et à cela, il n’y a pas de solution.
En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/cinq-graphiques-qui-montrent-quel-point-france-va-mal-charles-gave-656273.html#CS5hiZXyB52vIiIw.99
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Re: Chronique d'une crise

Message par gemini le Mar 5 Mar 2013 - 10:01

@pierre a écrit:

Résumé final...

Pour être honnête, depuis 40 ans, je n’ai jamais vu, sauf en Argentine, une telle rage de la part des autorités politiques pour détruire l’appareil productif d’un pays au nom d’une idéologie à la fois technocratique (l’euro) et égalitaire (le socialisme de redistribution). Nous sommes gouvernés par la classe politique la plus nulle de l’Histoire de France, que les Français ont élu en connaissance de cause, et à cela, il n’y a pas de solution.
En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/cinq-graphiques-qui-montrent-quel-point-france-va-mal-charles-gave-656273.html#CS5hiZXyB52vIiIw.99

Ils se battent uniquement pour conserver des acquis et continuer à s'emplir les poches.
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Re: Chronique d'une crise

Message par sakura FN le Mar 5 Mar 2013 - 10:48

Projet de loi sur la sécurisation de l’emploi : les réalités économiques et politiques auront-elles raison des bonnes intentions ?

En savoir plus sur http://www.atlantico.fr/decryptage/projet-loi-securisation-emploi-realites-economiques-et-politiques-auront-elles-raison-bonnes-intentions-gilles-saint-paul-eric-v-657919.html#tHO4E7TJzEgZLFOM.99
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Chronique d'une crise

Message par superfrench3 le Mar 5 Mar 2013 - 11:07

Quelle crise?????
L'autre fois,je l'ai entendu dans la boite a con,notre tout mou en chef a osé nous dire au détour d'un discours,que la crise était "TRES LOIN DERRIERE NOUS"
J'avais halluciné.
Mais c'est a ça qu'on reconnais les cons,il parait qu'ils osent tout.
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Re: Chronique d'une crise

Message par gemini le Mar 5 Mar 2013 - 11:10

La cris n'est que pour ceux qui payent à longueur d'année. Eux ils surfent sur la vague en buvant du champagne (m'en fout j'aime pas le champagne).
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Re: Chronique d'une crise

Message par sakura FN le Mar 5 Mar 2013 - 11:36

Vive taubira et les autres...!
censuré

La dernière de Taubira : amnistie des délits sociaux… de gôche !
Publié le 1 mars 2013 par Olivier Pfister - Article du nº 292
On peut se poser la question, tant les décisions de la ministre de la « Justice » ont l’air d’aller à l’encontre du bon sens.

Après sa splendide idée de vider nos prisons (qui étaient déjà, à la base, bien vides, par rapport au nombre de criminels), après son entêtement pour le mariage gay, sa dernière trouvaille est… L’amnistie des délits, rien de moins !

http://www.rmc.fr/editorial/353742/manifestations-le-senat-adopte-une-proposition-de-loi-damnistie-des-delits/

Attention, pas de tout les délits, nous dit-on, seulement lors des manifestations sociales ! Une nuance qui a l’air importante, mais en réalité, qui ne vaut rien. C’est quoi, une manifestation sociale ? Grève des fonctionnaires ? Marche blanche après qu’un criminel se soit fait tué, ou tué lui-même ? Grève des étudiants, avec des « jeunes » qui s’y mêlent et cassent tout ? Manifestation contre la tenue d’un colloque du FN ? Manifestation contre l’ambassade de France pour une raison ou une autre ?

TOUS ces mouvements peuvent être considérés comme sociaux, alors, ou se trouve la limite ? Il n’y en a pas, ou plutôt, il n’y en aura plus. Ah, pardon, si, en réalité, la limite est déjà fixée : cette loi n’aura de valeur que pour les gauchistes, soyons en sur. Car pour tout ce qui concerne « l’extrême droite », vu que, pour nos amis gauchos, ils appellent forcément à la haine, point d’autorisations morales et donc, très certainement, point d’amnistie. Eh oui, l’amnistie pour les petits délits routiers, c’est fini ! Place aux amnisties des casseurs, dealers, voleurs, violeurs et j’en passe !

Vous risquez plus en brûlant un feu rouge (même celui du carrefour vide, la nuit) qu’en brûlant une voiture. Voilà ou nous en sommes.

« Il s’agit, ici, de faire œuvre de justice » nous dit la ministre. Elle se trompe lourdement : elle oublié le mot « ma » dans sa phrase, reprenons : « il s’agit, ici, de faire œuvre de ma justice. »

Ahhh, c’est déjà mieux, n’est-ce pas ?

Car, honnêtement, qui peut fermer les yeux lors de ces manifestations violentes ? Il est tout à fait possible de manifester sans rien casser ni frapper personne, preuve en est avec de nombreuses manifestations, dont celle du mariage gay.

A l’inverse, quand on voit des salariés prêts à faire sauter l’entreprise

http://www.francetvinfo.fr/video-des-salaries-d-une-fonderie-veulent-faire-exploser-leur-usine_250077.html

ou des agriculteurs causer plus de 200000€ de dégâts

http://www.citizenside.com/fr/photos/politique/2013-02-20/75273/manifestation-d-agriculteurs-250-000-euro-de-degats-a-quimper.html#f=0/665916

Ou menacer de polluer des rivières

http://www.usinenouvelle.com/article/menace-de-pollution-toxique-par-les-salaries-de-l-usine-serta-pres-de-rouen.N116021

Comment peut-on ne pas vouloir les condamner ? Comment, en toute âme et conscience, prétendre que ces dégâts sont pour une bonne cause ? C’est absurde. Et va encore plus légitimer les actes des plus en plus nombreux vandales de toute la France.

Car, après les remises de peine, qui nous dit que, lors d’évènements divers et variés, les casseurs n’entrent pas dans le domaine de cette amnistie absurde ? Que les voitures brûlées seront désormais considérées comme une manifestation sociale et légitime ? Déjà actuellement, nous faisons face à une recrudescence des délits de toute part, alors, avec cette « loi » en plus…

Le changement, c’est maintenant ! Un slogan, finalement, très vrai. Changement de civilisation, mais aussi, changement des valeurs. Allez hop, on inverse tout ! Ne nous reste qu’à nous adapter, tiens, je vais de ce pas m’inscrire à la CGT, comme ça, je pourrais me défouler sans crainte pour la prochaine manifestation. Et vive la France orange mécanique !

Olivier Pfister


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Re: Chronique d'une crise

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