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Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

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Tancrède de Hauteville

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Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par Tancrède de Hauteville le Sam 22 Mar 2014 - 6:44

A  Lire: (Source: Vox.nr)
«Nous avons besoin d'une Europe indépendante des États-Unis»

Alexandre Douguine


«Nous avons besoin d'une Europe indépendante des États-Unis»
Dans un entretien particulièrement roboratif recueilli par le quotidien Vetchernyaya Moskva (Moscou du Soir) du 12 mars et traduit pour Éléments par Olessia Tourkevitch, le philosophe russe Alexandre Douguine en appelle à une «grande Europe, forte et indépendante» pour sortir de l'impasse en Ukraine. Des paroles courageuses et fortes qui rendent d'autant plus impérieuse la lecture de L'appel de l'eurasisme, Alexandre Douguine conversation avec Alain de Benoist, paru dans la belle collection Heartland, dirigée par Pascal Lassalle, chez Avatar. Pour en finir avec les caricatures sur le «prophète de l'Eurasisme».


Nikita Mironov : A votre avis, quelle est la suite des événements en Ukraine après le référendum en Crimée ?



- Alexandre Douguine : Maïdan se fissurera. Des guerres intestines commenceront au sein de la junte au pouvoir. Ils n'ont pas de vrai leader. Tout cela va créer de la confusion et de l'hésitation. En Ukraine, il y a un président légalement élu – Viktor Ianoukovitch – et il y a la Crimée russe, ce que le même Ianoukovitch a admis comme un fait accompli.


Certains experts estiment que les Américains peuvent se mêler de la situation…



Ils se sont déjà mêlés, ce sont eux qui ont organisé Maïdan. Ils avaient besoin de brouiller la Russie avec l'Allemagne et les autres pays de l'Union européenne.


Mais pourquoi ?



Premièrement, ils doivent ranimer l'image de l'ennemi pour justifier leur politique étrangère agressive. Deuxièmement, il leur faut prendre le contrôle de l'Ukraine – faible économiquement mais géopolitiquement importante – pour y déployer leurs bases militaires. L'Amérique est toujours en guerre contre nous : quand nous sommes gentils avec elle, ses méthodes sont douces, mais quand nous résistons, les méthodes durcissent. Aujourd'hui, la Russie répond à toutes les attaques des Américains, c'est pourquoi ils ont décidé de s'occuper sérieusement de nous.


Dans quel sens ? Nous ne sommes pas en guerre.



Vous vous trompez, la guerre est là. Sur le territoire de notre sœur l'Ukraine : contre nos intérêts. Le président légitimement élu a été destitué. Une junte néonazie a été mise au pouvoir. Les Américains se battent déjà contre nous en se servant des bras ukrainiens. Pensez-vous qu'ils se soucient de la Crimée russe ? Pas du tout. Ils gouvernent des continents, qu'est-ce que la Crimée pour eux ? L'Amérique veut faire de la Russie, l'une de ses servantes, comme elle a déjà fait avec tant d'autres. Pensez-vous que la guerre avec l'Ukraine est dans l'intérêt de la Russie ? Évidemment pas.


Mais les Russes ne veulent pas la guerre !



Malheureusement, on n'arrête pas de nous pousser vers elle. La Russie est sous pression de tous les côtés : le Caucase du Nord, le Maïdan, la cinquième colonne à l'intérieur de la Russie. L’Amérique aimerait organiser Maïdan à Moscou même. Car Poutine ne se soumet pas aux États-Unis. Il se met sur un pied d'égalité avec eux. En insistant sur sa conception du monde multipolaire, il tente de rétablir le rôle de la Russie sur la scène mondiale. L'Amérique n'a pas besoin d'un tel Poutine, elle aimerait le balayer de sa route et nous ramener dans les années 1990, lorsque le pays s’effondrait et qu'il était entièrement sous contrôle américain. Si la Russie avait ignoré les événements en Ukraine, quelque chose de semblable serait survenu chez elle.


Que fera l'Amérique après le référendum en Crimée ?



Dans tous les cas, elle va essayer de placer ses bases militaires sur le territoire ukrainien. Les pays qui n'ont pas encore réglé les différends territoriaux ne peuvent pas intégrer l'OTAN, mais cela ne l'empêche pas d'installer les bases militaires sur le territoire de ces pays — comme au Kosovo ou en Géorgie. Ainsi que le système de défense antimissiles. Et je suis certain que les Américains le feront.


Donc la position stratégique de la Russie va se détériorer ?



D'un côté, elle se détériora, de l'autre, elle s'améliorera. Nous récupérons la Crimée – c'est un énorme avantage. La Russie obtient ainsi un nouveau territoire ainsi que le contrôle stratégique sur la partie nord de la mer noire. Et des millions de Russes réintégrant la Russie feront encore monter l'esprit national ! Le retour de la Crimée dans la mère patrie entraînera une révolution spirituelle russe, ni plus, ni moins. J'espère qu'après cela nous allons s'occuper des oligarques, qui bénéficient d'une impunité totale, et nettoyer cette immondice libérale qui a proliféré ces vingt dernières années. Malheureusement, la situation présente aussi des inconvénients : détérioration des relations avec l'Europe, conflit dur avec les États-Unis, des millions de Russes pris en otage à Kiev… Mais, je le répète, ce n'est pas nous qui avons commencé.


Certains analystes estiment que les actions de la Russie en Crimée détourneront le Kazakhstan de Moscou. Car sa partie nord est habitée principalement par les Russes.



Je connais bien le Kazakhstan et je peux dire avec certitude qu'il n'y a jamais eue et qu'il n'y aura jamais de conflit entre nos deux pays. Le président Noursoultan Nazarbaïev avait pressenti la situation dans laquelle se sont retrouvées la Géorgie et l'Ukraine. Il a été le premier à comprendre la loi essentielle de l'espace postsoviétique: l'intégrité territoriale de tout État sur le territoire de l'ex-Union soviétique dépend de ses relations avec la Russie. Si ces relations sont acceptables, l'intégrité est garantie. Aucun pays postsoviétique n'a été soumis au chantage du «facteur russe» pour annexer les territoires où vivent les Russes ethniques. Pas une seule fois. Et aucun homme politique russe n'a jamais contesté le droit du Kazakhstan à la souveraineté. C'est Nazarbaïev lui-même qui a engagé les processus d'intégration à l'espace eurasien, il a dit - «Je suis pour l'intégration si mes intérêts sont respectés.» Le président biélorusse Loukachenko adopte une position similaire.


Il n’y aura donc pas de différends territoriaux avec la Biélorussie et le Kazakhstan ?



Non. La Russie dispose de trois types de dialogue : avec des amis, des ennemis et avec des pays neutres. Nous aidons les amis, coopérons avec les neutres, comme la Moldavie, mais si vous êtes un ennemi - comme l’ancien président géorgien Saakachvili ou la junte de Kiev, nous vous traiterons comme tel. Et nous ne pouvons pas assurer l'intégrité de votre territoire. C'est la loi de la géopolitique. Les États-Unis et tout autre grand État adoptent un comportement similaire.


D’après vous, pourquoi l'OTAN s'est maintenu alors que le Pacte de Varsovie s'est désintégré ?



Parce que les États-Unis cherchent l'hégémonie mondiale : ils essaient de contrôler le monde. Dans ce contexte, il ne nous reste plus qu'à construire notre propre bloc militaire – peut-être avec la Chine, l'Iran, l'Inde ou les pays d'Amérique latine, pour équilibrer le rapport de forces. C'est une question de vie ou de mort. Et nous avons besoin d'une Europe indépendante des États-Unis. Quand Poutine parle de l'Europe unie de Lisbonne à Vladivostok, il n'est pas hypocrite. Il est vraiment désireux de voir une grande Europe forte et indépendante.


Quelles conséquences auraient pour la Russie l'effondrement hypothétique de l'Ukraine ?



Pourquoi hypothétique ? L’Ukraine s'est déjà effondrée, c'est un fait établi. Ianoukovitch en convient. Je pense que pour la Russie ce ne sera pas facile. Il n'est pas impossible que la Russie intégrera la partie orientale de l'Ukraine et accueillera les réfugiés de l'Ouest. D’un autre côté, même si cela paraît cynique, il nous est avantageux d'avoir en Ukraine occidentale un État de maniaques. Sinon, ces gens contamineront par leur folie des personnes saines d'esprit. Si ces gars-là s’isolent, ce sera horrible. L’Ouest de l'Ukraine n’a presque pas de ressources. C’est une région pauvre, où il y a beaucoup de fous avec des fusils, qui je pense, vont commencer à s'entre-tuer.


A lire également


      La Quatrième Guerre mondiale
        de Costanzo Preve,

         Traduction et présentation d'Yves Branca
         Editions Astrée , 22,50 Euros
         contact@editions-astree.fr


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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par Chevalier du Temple le Jeu 3 Avr 2014 - 17:53

Tancrède de Hauteville a écrit :...<< Nous avons besoin d'une Europe indépendante des États-Unis >>.

pirat  Je partage moi-même ce point de vue car la perte de souverainté n'est pas une solution acceptable.

Les États-Unis ne sont un modèle ni sur le plan économique et financier, ni sur le plan démocratique ou militaire. De plus, nous n'avons pas grand chose en commun avec la culture yankee, il est donc difficile de s'identifier à eux. Un grand OUI à une Europe européenne indépendante des américains car l'unité politique du continent européen, est une condition pour rivaliser avec les USA dans le contexte du nouvel ordre mondial.

L'Europe telle qu'elle est aujourd'hui, est une organisation aux mains des américains, et il est attristant de constater, suite à la crise ukrainienne, que l'U.E. démontre chaque jour sa soumission à ces gens-là. La lâcheté européenne face à l'arrogance et aux exactions commises par les États-Unis ces dernières années, est une source de dégoût. L'U.E. laisse tout simplement les américains agir en agresseur aux portes de la Russie.

Non seulement nous avons besoin d'une Europe indépendante des États-Unis mais nous devrions former une alliance avec la Russie de Poutine et quitter sans attendre l'OTAN qui risque de nous entraîner dans des guerres inutiles pour nous.  Il est important que nous nous débarrassions de la force brute de l'impérialisme américain qui nous mène à l'aventure. Comment peut-on servir les intérêts de l'Europe en faisant de la crise ukrainienne, une confrontation avec la Russie ?

Notre intérêt d'européens n'est pas d'affronter la Russie européenne, mais plutôt de la protéger contre l'hégémonie américaine ! Arrêtons de jouer au jeu américain des sanctions qui aujourd'hui sont dérisoires, et qui demain pourrait être suicidaires. Grace aux magouilles américaines, l'Ukraine est livrée aux néofascistes avec toutes les conséquences que cela comporte. Les agresseurs de l'Ukraine ne sont en aucun cas les russes et les sanctions sont illégitimes.

Ma conviction est que l'avenir de l'Europe ne réside pas dans les États-Unis mais avec la Russie européenne. La Russie qui fait partie de notre civilisation, est notre seule chance de sortir de l'ornière atlantiste qui va nous détruire. Il est impératif que nous formions une alliance économique avec la Russie et que nous nous éloignions d'un pays qui a intérêt à diviser l'Europe à notre détriment.

La stratégie de séparation de la Russie et de l'Europe des États-Unis, a pour conséquence de limiter notre continent et de le couper des immenses ressources naturelles et possibilités, qui pourraient résulter d'une alliance avec la Russie de Poutine. La Russie représentant un énorme potentiel énergétique pour l'Europe !
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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par gemini le Ven 4 Avr 2014 - 10:47

Pour retrouver la souveraineté il faut sortir de l’Europe.


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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par Chevalier du Temple le Dim 6 Avr 2014 - 5:49

@gemini a écrit:Pour retrouver la souveraineté il faut sortir de l’Europe.

Sans aucun doute car nous ne pouvons pas compter sur une Union européenne antidémocratique, qui ne fait que ruiner les peuples, qui supprime les frontières, qui est antinationale et qui vise actuellement à la disparition des nations pour le bénéfice de la mondialisation. Les élites européennes ne font que trahir les peuples en s'attaquant à la souverainté et en facilitant l'immigration de masse.
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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par sakura FN le Mar 6 Mai 2014 - 13:19

Devons-nous nous attendre à ça   ...?   affraid     No     pale     Sad     Crying or Very sad 


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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par chantalful le Mar 6 Mai 2014 - 13:31

Comment l’Otan absorbe progressivement l’Ukraine
par Rick Rozoff
Cette rétrospective des relations entre l’Otan et l’Ukraine relativise de facto les analyses que l’on peut faire des événements de Kiev : depuis 1991 et l’adhésion au Conseil de coopération atlantique, le pays se rapproche de manière apparemment inexorable de l’Alliance sans que son peuple soit consulté.

De gauche à droite : Andrïï Deshchytsia, actuel ministre des Affaires étrangères du gouvernement ukrainien, en compagnie du secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen et du général Philip Breelove, commandant suprême des forces alliées en Europe, à Bruxelles, le 1er avril 2014.

S étendant sur près de 2 400 kilomètres sur terre et en mer, la frontière ukrainienne est la plus longue de celles que la Russie partage avec ses voisins à l’ouest, celle qui la sépare de la Finlande arrivant en deuxième position.

Jusqu’à la fin de la Guerre froide, un seul pays membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique-nord (Otan) avait une frontière commune avec la Russie : il s’agissait de la Norvège, avec seulement 217 kilomètres (la Turquie, quant à elle, était frontalière de plusieurs républiques soviétiques).

Durant la décennie d’expansion de l’Otan qui débuta en 1999 apparurent aux confins du territoire russe quatre nouveaux membres du bloc militaire dominé par les États-Unis : l’Estonie et la Lettonie directement connectées à la Russie du Nord-Ouest, la Pologne et la Lituanie indirectement reliées à la Russie par l’oblast de Kaliningrad.

L’absorption de l’Ukraine par l’Otan en tant que membre à part entière, ou même dans les circonstances actuelles (c’est-à-dire en tant que partenaire mettant son territoire, son armée et ses infrastructures militaires à disposition de l’Alliance), aurait pour conséquence — avec la possible adhésion de la Finlande — l’occupation de tout le front occidental de la Russie, de l’océan Arctique et de la mer de Barents au nord à la mer Noire au sud, non seulement par des bases aériennes de l’Otan mais aussi par ses installations portuaires, ses rampes de lancement de missiles, ses camps d’entraînement, ses aérodromes militaires, ses installations radar, ses entrepôts, ses centres de guerre cybernétique, ses batteries antimissiles, ses véhicules blindés, ses troupes et son armement nucléaire tactique.

Depuis des décennies, l’Ukraine est, en théorie comme dans les faits, la cheville ouvrière décisive dans les projets des États-Unis et de l’Otan pour former un cordon sanitaire séparant la Russie de l’Europe.

En 1995, soit quatre ans seulement après la dissolution de l’URSS, l’Ukraine fut le premier membre de la communauté d’États ex-soviétiques indépendants à rejoindre l’appareil de l’Otan en vue de l’absorption finale de l’Europe entière et de ce qui restait d’anciennes républiques soviétiques non encore intégrées au bloc au sein du programme appelé « Partenariat pour la paix ». Les douze nations d’Europe de l’Est qui rejoignirent l’Otan en 1999, en 2004 et en 2009 étaient toutes affiliées à ce programme. (Dans la file d’attente se trouvent actuellement vingt-deux autres membres de ce partenariat en plein processus de transition vers l’adhésion à l’Otan : les quatorze pays d’Europe non encore membres — excepté la Russie —, les trois ex-républiques soviétiques du Caucase méridional et les cinq d’Asie centrale.)

Deux ans plus tard, l’alliance militaire établissait la Charte de partenariat spécifique entre l’Otan et l’Ukraine [1], dont fut issue la Commission Otan-Ukraine, encore active à ce jour — en réalité plus active que jamais, depuis le violent coup d’État survenu en Ukraine en février 2014.

En décembre 2008, soit quatre mois après que le gouvernement géorgien de Mikheil Saakachvili eut entrepris d’envahir l’Ossétie du Sud — déclenchant ainsi une guerre de cinq jours avec la Russie, l’Ukraine et la Géorgie —, ces deux derniers États furent les tout premiers à adhérer aux Programmes annuels nationaux élaborés par l’Otan. Quelque temps auparavant, la même année, lors du sommet de l’alliance à Bucarest (Roumanie), il fut annoncé que, bien que ces deux ex-républiques soviétiques ne satisfassent pas encore à la dernière condition requise pour la pleine entrée dans l’Otan — le Plan d’action pour l’adhésion —, l’Otan n’en était pas moins résolue à les accepter. Parmi les figures publiques qui militaient pour ce Plan d’action pour l’adhésion se trouvait alors le président du Parlement ukrainien, Arseni Yatseniouk, actuellement Premier ministre désigné (et même imposé) par les États-Unis et dirigeant de facto de la junte au pouvoir [2].

En réalité, de janvier à mars 2008, en prévision du sommet de l’Otan qui devait se tenir en avril de la même année, l’opposition parlementaire avait bloqué le fonctionnement de la Verkhovna Rada (le Parlement ukrainien) pour protester contre l’absorption du pays par le bloc otanien. Au sein de la nation, l’effort principal pour accélérer l’incorporation de l’Ukraine par l’Otan émanait de la dyarchie qui avait émergé de la prétendue « Révolution orange » de 2004-2005 : le président Viktor Ioutchtchenko et le Premier ministre Youlia Tymochenko. Et de fait, cette incorporation était précisément l’objectif que visaient Washington et ses alliés européens en soutenant et en dirigeant cette nouvelle « révolution colorée » (après celle menée en Géorgie l’année précédente) [3] [4]

À la tête du sommet de Bucarest, le président états-unien George W. Bush. John McCain — autre républicain, alors candidat à l’élection présidentielle de son propre parti (qu’il gagna plus tard) —, ainsi que les deux candidats démocrates rivaux à l’élection présidentielle de leur parti, Barack Obama et Hillary Clinton, soutinrent avec un extrême enthousiasme l’adhésion de l’Ukraine et de la Géorgie à l’Otan.

Une année avant la « Révolution orange », le prédécesseur de Ioutchtchenko, Leonid Koutchma, avait tenté d’apaiser les États-Unis et l’Otan en fournissant 1 650 hommes à la Coalition militaire en Irak dirigée par l’Otan. Un contingent symbolique de soldats ukrainiens avait également été assigné à la Force internationale d’assistance et de sécurité en Afghanistan dans le cadre d’une action intégrée réunissant cinquante nations. Mais ainsi que Koutchma, parmi tant d’autres, l’apprit plus tard, les « partenaires » de l’Otan qui siègent à Washington et à Bruxelles n’acceptent que deux choses : obéissance totale et soumission abjecte.

Plus tard, la Géorgie devait fournir 2 000 hommes (c’était à l’époque le contingent le plus important après ceux des États-Unis et de la Grande-Bretagne) qui furent rapatriés en 2008 par des avions de l’armée états-unienne durant la guerre qui opposait la Géorgie à la Russie. À cette occasion, le régime « orange » de Viktor Ioutchtchenko fut accusé d’avoir fait transporter clandestinement des armes par la même voie, et d’avoir permis, sinon organisé, le déploiement de forces paramilitaires et militaires nationaliste extrémistes en Géorgie au cours de ces combats.

La guerre du Caucase du Sud à peine terminée, Ioutchtchenko s’envola pour la capitale géorgienne afin d’y participer à un grand rassemblement au côté (et au profit) du président Saakachvili. Immédiatement après, de retour à Kiev, il signa un décret exigeant que la Russie déclare à son gouvernement — « déclarer » doit être compris ici au sens de « demander l’autorisation » — tout déploiement aérien ou naval partant de sa base de la mer Noire, à Sébastopol, ou y retournant. De facto, un tel ordre constitue un blocus sélectif.

Pas plus tard qu’en 2006, tout d’abord discrètement et plus tard totalement à découvert, des directeurs et des membres officiels de la Missile Defense Agency du Pentagone firent des voyages réguliers en Ukraine pour y négocier l’installation d’éléments de missiles antibalistiques, dans le cadre du projet de bouclier antimissile terre-mer développé par l’administration de Barack Obama au sein du programme EPAA (European Phased Adaptive Approach). Approuvé à l’unanimité par les vingt-huit pays membres de l’Otan, ce bouclier fut déployé le long de la frontière occidentale (et plus tard méridionale) de la Russie.

Chaque année, depuis 1996, des exercices militaires répondant au nom de code Sea Breeze (Brise marine), sont pratiqués en Ukraine sous l’égide du Partenariat pour la paix de l’Otan et sous surveillance états-unienne. Ces exercices se déroulent en Crimée, non loin du quartier-général de la flotte russe de la mer Noire. En 2006, ils furent temporairement annulés en raison de protestations locales.

Également dirigés par le Commandement des États-Unis en Europe (EuCom), chaque année, les exercices militaires de l’opération Rapid Trident se tiennent en Ukraine avec les forces des États-Unis, de l’Otan et du Partenariat pour la paix. Selon les termes de l’armée états-unienne en Europe, consignés dans le rapport des exercices de l’année dernière, Rapid Trident « contribue à former les participants pour leur permettre d’opérer avec succès dans un environnement associatif, multinational et intégré avec le soutien des nations hôtes… [il est] conçu de manière à faciliter l’interopérabilité militaire commune avec les nations alliées et partenaires » et à « soutenir, d’une part, le programme national annuel de l’Ukraine en vue d’une interopérabilité réussie avec l’Otan et, d’autre part, les engagements pris chaque année à travers le plan d’opérations réunissant l’Otan et l’Ukraine. »

En décembre 2008 — précisément le mois où l’Otan inaugurait son Programme national annuel avec l’Ukraine —, Washington publia sa Charte États-Unis-Ukraine de partenariat stratégique, dont le document fondateur affirme et précise, entre autres objectifs [5] :

« Approfondir l’intégration de l’Ukraine aux institutions euroatlantiques est une priorité commune. Notre projet consiste en un programme d’amélioration de la coopération sécuritaire afin d’augmenter les capacités défensives de l’Ukraine et de renforcer ses droits à la candidature pour l’entrée dans l’Otan.

« Nous sommes guidés par les principes énoncés le 3 avril 2008, au sommet de Bucarest, dans la déclaration du Conseil otanien de l’Atlantique-nord, et par la déclaration commune de la Commission Otan-Ukraine du 4 avril 2008, qui affirme que l’Ukraine se destine à devenir membre de l’Otan.

« Reconnaissant la persistance de menaces contre la paix et la stabilité mondiales, les États-Unis et l’Ukraine ont pour projet d’amplifier et d’intensifier leurs programmes de coopération et d’aide en cours sur des questions de défense et de sécurité, afin d’éliminer ces menaces et de promouvoir la paix et la stabilité. Un partenariat entre les États-Unis et l’Ukraine fondé sur la défense et la sécurité ne peut être que bénéfique à ces deux nations et à cette région du monde.

« Notre objectif, à travers ce travail effectué au sein même de la Commission Otan-Ukraine, est de parvenir à un accord sur un projet structuré qui permette d’augmenter l’interopérabilité et la coordination des forces entre Otan et Ukraine, notamment par une intensification des exercices d’entraînement et par la fourniture d’équipement aux forces armées ukrainiennes. »

En 2010, l’Ukraine fut le premier partenaire de l’Otan à fournir un vaisseau militaire à Active Endeavour, opération maritime de surveillance et de neutralisation à durée indéterminée déployée dans toute la Méditerranée depuis l’activation, en 2001, de la clause d’aide militaire mutuelle définie à l’article 5 du Traité de l’Atlantique-nord.

En 2013, l’Ukraine compléta les dispositions ci-dessus en devenant le premier partenaire de l’Otan à envoyer un vaisseau militaire à Ocean Shield, autre opération du bloc otanien qui dure depuis cinq ans (et, qui comme la précédente, est censée durer indéfiniment) déployant ses forces au large de la corne de l’Afrique, en mer d’Arabie et au-delà, dans l’océan Indien.

Avant le début des troubles civils en Ukraine en novembre 2013, l’Otan se vantait déjà de compter l’Ukraine parmi ses quatre partenaires destinés à rejoindre la Force de réaction de l’Otan (les trois autres étant la Géorgie, la Finlande et la Suède).

Désormais, grâce au régime fantoche installé à Kiev par les États-Unis et l’Otan, les espoirs que nourrissent les dirigeants occidentaux de voir l’Ukraine transformée en base militaire gigantesque au profit du Pentagone et de l’Otan — dont l’inexorable avancée vers l’est dure maintenant depuis une génération —, envahie de conseillers militaires occidentaux, d’agents de renseignement, d’avions de guerre, de blindés, de soldats et de missiles, atteignent un point d’ambition et d’irresponsabilité qui dépasse tout ce que l’on a pu envisager jusqu’à présent.

Rick Rozoff
Traduction
Sophie Brissaud

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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par Chevalier du Temple le Mar 6 Mai 2014 - 19:02

pirat  L'Empire Américain est infiniment plus puissant que ne le fut l'Empire Romain, mais si l'on se réfère à l'histoire des civilisations l'on comprendra qu'il connaîtra, lui-aussi, le même sort. Pour chaque action négative dans laquelle s'engage cet Empire du mal, il y a une réaction bonne et opposée. Et la bonté de l'humanité a toujours renversé la tyrannie, quand celle-ci va trop loin. Cependant, gardons à l'esprit qu'un Empire qui a tant à perdre va chuter en vrille et utiliser toutes les armes de son arsenal, mettant ainsi le sceau final à son statut d'Empire le plus violent de l'Histoire de l'humanité.
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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par Invité le Mar 6 Mai 2014 - 19:45


Si l'on regarde l'histoire, toutes les civilisations ont une fin, cela a pris quelques centaines d'années pour certaines, mais la roue tourne et on dirait de plus en plus vite, lorsque l'on voit la décadence de notre pays en 50 ans...
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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

Message par Chevalier du Temple le Ven 9 Mai 2014 - 4:15

Le danger pour la sécurité de l'Europe ce n'est pas la Russie, c'est l'OTAN sous commandement américain. Le plus grand danger pour l'Europe ce ne sont pas les chars russes mais  l'offensive menée depuis des années par l'OTAN pour faire reculer l'influence russe. Il est grand temps que nous soyons hors des griffes de l'aigle américain et de ses ambitions impérialistes.

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Re: Alexandre Douguine à propos de l'Ukraine, et La Quatrièeme Guerre mondiale de Costanzo Preve

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