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Équité entre hommes et femmes !

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ano

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Re: Équité entre hommes et femmes !

Message par ano le Sam 9 Déc 2017 - 9:47


Au Sénégal, les femmes s’organisent contre les mutilations génitales

figaro, le 30 novembre 2017
(Source)


Au Sénégal, l’excision recule sur fond de mobilisation des femmes, principales victimes, et des ONG spécialisées.

Les principales victimes de l’excision sont en première ligne dans la sensibilisation pour l’abandon de cette pratique qui a des conséquences néfastes sur la santé génitale et la santé de la fille tout court. Dans la région de Kolda, au Sud-Est du Sénégal, où cette pratique est ancrée, les victimes et les potentielles victimes mènent une campagne de sensibilisation sans relâche. La pratique recule. Mais la bataille est loin d’être gagnée. La tradition a encore tout son poids dans ces zones.

Leurs armes, ce sont les mots

L’heure n’est pas à la sieste. Ce mercredi 15 mars à 15 heures au quartier Bantanguel de Kolda, au Sud-Est du Sénégal. Les jeunes filles, les unes après les autres convergent vers la maison familiale de Oumou Barry, l’ex-présidente du club des jeunes filles. La cour de sa maison est leur quartier général. Depuis trois ans, elles ont pris leur destin en main. Elles mènent une campagne tambours battants contre les grossesses précoces et les mariages précoces et les mutilations génitales. Leurs armes, ce sont les mots. « Nous pouvons dire que les mutilations génitales ont reculé. Les clubs des jeunes filles y ont contribué. Ce n’est pas facile de convaincre les adultes qui sont attachés à nos pratiques ancestrales », nous confie l’ex-présidente du club des jeunes filles de Bantanguel.

Depuis trois ans, elles organisent des séances de causerie, des visites à domicile et le porte-à- porte pour échanger sur les pratiques qui hypothèquent l’avenir des jeunes filles dans la région de Kolda. Adama Lajo Diallo âgée de 20 ans et Salimata Bâ 18 ans étaient en première ligne dans la croisade contre ces fléaux. Elles pensent qu’elles n’ont pas prêché dans le vide. « Nous pouvons dire que les cas d’excision ont diminué grâce à l’implication des filles qui sont les premières victimes. Mais il faudra reconnaître qu’il reste du travail dans des villages », a laissé entendre Adama Lajo Diallo.

Engagées contre « leurs ennemis communs »

Comme à Bantanguel, peu avant 16 heures, des filles, certaines arrivant à pied, d’autres à bord des motos « Jakarta », au Centre Conseil pour les Adolescents (Cca) de Kolda. C’est leur point de convergence tous les mercredis après-midi. Elles sont environ une quarantaine ce mercredi 15 mars 2017. La timidité de quelques unes contraste avec l’énergie de la masse. Elles sont toutes engagées contre «leurs ennemis communs» qui ont pour noms «mariages et grossesses précoces», «Infections sexuellement transmissibles (Ist)», «mutilations génitales féminines». Leur ton est révélateur de leur conviction.

«À travers cette campagne «Ne touche pas à ma sœur», il a été demandé aux jeunes filles si elles sont prêtes à dénoncer les cas d’excision ?», déclare Josiane Biaye. Les réponses de quelques filles ne souffrent d’aucune équivoque. Le voile noir enroulé sur la tête, Oumou Awa Baldé au bord des larmes a juré de ne plus taire les cas d’excision pour le reste de sa vie. «Je jure de dénoncer une femme qui pratique l’excision fut-elle ma maman», dit-elle presque en tapant sur la chaise.

Les lignes bougent

Au bureau de l’Ong Tostan, sis à Nord Foire à Dakar, les actrices se gardent de crier victoire après plus de 20 ans sur le terrain de la sensibilisation. Ce lundi 28 août 2017, la fondatrice et directrice exécutive de Tostan, l’Américaine Molly Melching transmet une passion débordante. «Je tiens d’abord à préciser que ce sont les communautés qui décident d’abandonner l’excision. Tostan ne fait que son travail d’information et de sensibilisation sur les droits humains d’une manière générale», fait remarquer, Molly Melchning. La pratique persiste. Les lignes bougent.

Au Sénégal, on a dépassé la période où celles qui parlent d’excision étaient traînées dans la boue. Molly Melching n’est plus victime d’injures dans les rues de Malicounda, dans la zone de Mbour. «Nous savons que nous n’avons pas un taux de 100% d’abandon dans les villages qui ont décidé de tourner le dos à cette pratique. Mais nous avons obtenu un taux réel d’abandon d’environ 70%», pense Molly Melchning. L’acquis de taille, c’est l’engagement des leaders religieux dans la sensibilisation.

Le poids de l’argument médical

L’argument médical a tout son poids dans la diminution de la prévalence. Certaines filles n’ont pas survécu à la mutilation génitale. D’autres n’ont pas transcendé le syndrome post-traumatique. « Nous avons eu des filles qui sont décédées à la suite de la pratique de l’excision à cause des hémorragies. Certaines filles excisées qui sont devenues femmes ont des difficultés lors des accouchements. D’autres traînent encore le traumatisme », rapporte Penda Mbaye, responsable Sénior programme à Tostan.

Ces éducateurs savent bien que le chemin est encore long. Selon le rapport annuel de 2016 du Programme conjoint de l’Unfpa-Unicef sur les Mutilations génitales féminines (Mgf), aujourd’hui au Sud du Sénégal, la prévalence de l’excision tout âge confondu est 47% chez les filles contre 77% chez leurs aînées il y a quelques années. Dans le nord, cette prévalence est de 31% chez les jeunes femmes de plus 15 ans et 22% chez les moins de 15 ans. Pour le responsable suivi-évaluation, Mady Cissé, le défi, c’est d’affiner les méthodes d’évaluation de l’abandon de cette pratique au sein des communautés.

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Lorsque nous luttons contre les mutilations génitales des femmes, nous luttons aussi contre les éventuelles mutilations génitales des hommes !

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Re: Équité entre hommes et femmes !

Message par ano le Mar 9 Jan 2018 - 20:08


#BalanceTonPorc : Catherine Deneuve et un collectif de femmes provoquent l'ire de féministes

rt, le 9 janvier 2018
(Source)


Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, une centaine de femmes dont Catherine Deneuve et l'écrivaine Catherine Millet s'inquiètent d'une stigmatisation de la gente masculine. Sur Twitter, la réaction de certaines féministes n'a pas tardé.

«Nous sommes conscientes que la personne humaine n’est pas monolithe : une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d’être l’objet sexuel d’un homme, sans être une "salope" ni une vile complice du patriarcat», expliquent les auteurs d'une tribune publiée dans Le Monde ce 9 janvier 2017.

Un collectif d'une centaine de femmes, qui comprend Catherine Deneuve et l'écrivain Catherine Millet, dénonce ce qu'il considère comme une dérive puritaine faisant suite aux révélations et accusations d'agression sexuelles à l'encontre du producteur américain Harvey Weinstein. «De fait, [la campagne sur Twitter] #metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délations et de mises en accusation publiques d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels», déplorent les signataires de la tribune.

« Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste »

«En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité», argumentent-elles encore après avoir pris soin de distinguer drague et agression sexuelle. «Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste», prennent-elles le soin de préciser.

Volée de bois vert sur Twitter

Néanmoins l'exercice délicat ne semble pas avoir convaincu nombre d'utilisatrices de Twitter, lesquelles ont vivement réagi. La féministe Caroline de Haas dénonce ainsi une défense, d'après elle, du «droit d'agresser sexuellement» les femmes. «2018 s'annonce bien», ironise-t-elle encore.

Une journaliste d'Europe 1 pointe quant à elle la catégorie sociale des signataires de la tribune, souvent des artistes et des personnes de profession libérale, évoquant une «complainte des femmes riches».

Catherine Deneuve, figure la plus connue des signataires, se retrouve souvent en première ligne des commentaires critiques. Une internaute outrée a repris un hashtag peu usité, #BalanceTaFausseFeministe, pour dénoncer la tribune.

Une utilisatrice qualifie de «greluches» les signataires de la tribune...

... tandis qu'une autre suggère avec ironie que Catherine Deneuve ne serait pas dérangée d'être harcelée.

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Re: Équité entre hommes et femmes !

Message par ano le Mar 9 Jan 2018 - 20:13


Le parallélisme des féminismes …

Encore de nos jours, tout le monde, l’existence de deux chemins discordant pour le féminisme. L’existence de deux chemins conduit par des voix en vis-à-vis.

Sur la rive droite du tumulte, un féminisme « à la Française » basé sur l’écoute, de celui qui recherche la compréhension mutuelle. De notre point de vue, celui qui a les meilleures chances d’aboutir à « l’égalité des sexes » en droit et à l’équité sociale, de celui que nous appelons de nos vœux …

Sur l’autre, les moralistes « à l'américaine » qui tentent, pour le moins, de féminiser la masculinité. Pire en son sein, certaines haineuses à tendance castratrices tentent de l’asservir. De ceux et de celles qui ne sont certainement pas, « en conscience », pour une amélioration des relations hommes/femmes, mais de fait, pour la création d’un nouveau déséquilibre. En utilisant l’agressivité qu’ils combattent, ils permettent de justifier son utilisation en repartie. Pourtant dans les lieux où la sensibilité est confuse,, la prudence, l’écoute et la cohérence sont indispensables.

L'agressivité est souvent un appel à l'aide contre-productif. Cette camarilla nous entraîne dans un conflit sans fin.
Jusqu’à se demander si, contre la raison, la rétroaction d’un violent rejet n’est pas recherchée.

Encore pour longtemps et de toutes nos forces, il nous faudra lutter contre ces dangereux néo-inquisiteurs qui tentent, par tous les moyens, de confondre l’équité sociale dans l’égalité en droit autant que contre ceux qui attaquent les libertés fondamentales. D’ailleurs, aucun tour d'adresse ne nous sera épargné …

L’instruction, la courtoisie, la galanterie, l’équité et le droit sont intimement liés. À ce titre, le rôle de l’éducation nationale se doit d’être constant, plein et entier. Cela oblige à la nécessité d’avoir un système éducatif qui se centre à long terme, autant sur les débouchés économiques et les savoir-faire que les savoir-être et les savoir-vivre …

De l'éducation de son peuple dépend le destin d'un pays ! (Benjamin Disraeli)

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Re: Équité entre hommes et femmes !

Message par ano le Sam 13 Jan 2018 - 11:38


Elisabeth Lévy : « Depuis des mois, on nous embrigade dans un collectif appelé les femmes »

figaro, le 12 janvier 2018
(Source)


Elisabeth Lévy revient sur les raisons qui l'ont poussé à signer une tribune cette semaine, pour dénoncer les excès de la camapagne #BalanceTonPorc. A l'occasion de la parution du dernier numéro de Causeur, elle déplore également le recul de la liberté d'expression.

Élisabeth Lévy est journaliste et directrice de la rédaction de Causeur. Elle est l'une des cent femmes à avoir signé dans Le Monde une tribune défendant une «liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle». Dans son dernier numéro intitulé Charlie Akbar!, le magazine Causeur fait un état des lieux de la liberté d'expression trois ans après les attentats de Charlie.

Vous êtes la cosignataire avec une centaine de femmes d'une tribune qui fustige le puritanisme et la « haine des hommes » après l'affaire Weinstein. Pourquoi avoir signé cette tribune?

Parce qu'on étouffe! Parce qu'il est insupportable que toutes les femmes soient sommées de parler d'une seule voix! Parce que, si des femmes souffrent réellement du comportement des hommes, l'unanimisme victimaire ne dit pas la réalité de toutes les femmes dans notre pays - et au passage c'est une insulte aux véritables victimes de viols, de violences et de chantages. Parce que derrière un combat au-dessus de tout soupçon perce une volonté féroce de normaliser le désir, d'édicter des normes pour la sexualité et la séduction. Parce que j'ai découvert, dans Le Monde où elle s'en vante, que Sandra Muller avait inventé «Balance ton porc» au prétexte que, plusieurs années auparavant, dans une soirée à Cannes, un homme avec lequel elle n'avait aucune relation hiérarchique, qu'elle appelle «mon bourreau», lui avait parlé de ses «gros nibards» et promis de la «faire jouir». À la suite de quoi elle est «tombée dans une faille spatio-temporelle» (je n'invente rien) dont elle est sortie en balançant son porc et en appelant toutes les femmes à balancer le leur.
Côté de femmes avec lesquelles j'ai de nombreuses divergences. Et je crois que, dans le pays, beaucoup de gens ont eu, comme moi, le sentiment d'être moins seuls. Alors je dis, bravo mesdames! Et bravo à Madame Deneuve qui a osé transgresser la loi de fer de l'industrie du divertissement.

Derrière un combat au-dessus de tout soupçon perce une volonté féroce de normaliser le désir.

On vous accuse surtout de manquer à la solidarité féminine…

Et on a raison, car je revendique le droit de choisir mes solidarités! Je ne savais pas que les opinions dépendaient de la biologie. Que l'on nous pardonne de disposer chacune d'un cerveau qui nous appartient en propre, et qui n'est pas toujours connecté à nos ovaires! Depuis deux mois, on nous embrigade dans un collectif appelé «les femmes» avec une phraséologie proprement stalinienne qui fait de toute dissidente une ennemie du genre humain. Eh bien, «les femmes», je ne connais pas! Isabelle Huppert, qui s'est présentée aux Golden Globes en robe blanche, a été priée d'aller se rhabiller… en noir, puisque toutes les femmes sont en deuil. Cet étalage de postures avantageuses (les poitrines du même genre étant proscrites) est consternant. Cette libération de la parole strictement encadrée est à la liberté ce que le régime soviétique était à la démocratie.

Certaines «féministes» vous accusent de légitimer le harcèlement…

Mais pour elles, le harcèlement commence quand un soupirant éconduit retente sa chance! Dans le meilleur des mondes délivré de la fatigante division entre les sexes dont elles rêvent, Phèdre ne s'enticherait pas d'Hippolyte, Othello ne tuerait pas Desdémone et tout se conclurait en happy end. Il y a une frontière claire qui est celle de la contrainte physique ou du chantage. Mais entre les deux, heureusement, il y a une zone grise. La sexualité ne relève pas de la transparence ni de la rationalité administrative, elle ne peut pas être codifiée sur le mode «ceci est permis» et «cela est autorisé» (à l'exception, je le répète de la violence).

Un très grand nombre des gestes, propos et regards dénoncés avec #MeToo peuvent être considérés par l'une comme une effroyable agression et par l'autre comme une agréable invitation. Je trouve amusant qu'en général, on acclame tout ce qui est «dérangeant» et que là, on défaille pour une grossièreté. Toute relation sexuelle, toute histoire amoureuse commence par une proposition, une plaisanterie, un compliment qui peut importuner. La sexualité est le domaine du secret, de l'ambiguïté, du malentendu, de l'insistance, du rapport de force, du tourment - l'homosexualité n'étant pas plus égalitaire d'ailleurs. Si les femmes étaient placées en position d'infériorité structurelle dans cette éternelle et (plus ou moins) tendre guerre des sexes, il y aurait beaucoup moins de grands romans dont beaucoup d'héroïnes sont d'inoubliables chipies!

Toute relation sexuelle, toute histoire amoureuse commence par une proposition, une plaisanterie, un compliment qui peut importuner.

Tout de même, aller jusqu'à défendre les «frotteurs du métro»!

Nous ne défendons nullement les «frotteurs», nous rappelons même qu'ils commettent un délit! Nous affirmons en revanche que celles qui les subissent ne sont pas obligatoirement traumatisées à vie. Ce qui est inquiétant, c'est que cela choque autant: les femmes seraient-elles soumises à une obligation de traumatisme quand elles subissent un désagrément? Drôle de féminisme! Je vous rappelle que la femme avec laquelle Polanski a eu, lorsqu'elle était mineure, «des relations sexuelles illicites», soutient notre texte. Faut-il être plus victimaire que les victimes?

Plus globalement, la liberté d'expression a-t-elle vraiment progressé depuis la tuerie de Charlie Hebdo ?

Bien sûr que non! Et le plus triste, c'est que ce n'est pas seulement à cause de l'intimidation islamiste que nos libertés reculent, mais à cause des innombrables restrictions que la bienséance invente chaque jour. Comme l'avait prédit Philippe Muray, les djihadistes se comportent comme des éléphants dans un magasin de porcelaine que ses propriétaires (nous) ont déjà largement saccagé. Les assassins de Charlie voulaient interdire toute possibilité de critiquer ou de moquer leur religion. Le CSA prétend aujourd'hui sanctionner des blagues sur les femmes ou sur les gros. Bientôt, on ne pourra plus rire de rien ni de personne. Heureusement, il restera les réacs et les lepénistes comme seules têtes de Turcs autorisées. Il faut aussi souligner que cette régression, à laquelle nous consentons collectivement quand nous ne la réclamons pas, est très largement imposée par ce qui devait être l'outil de la liberté: les réseaux sociaux. Des médias où toutes les paroles se valent, où chacun, puissant ou misérable, peut dire ce qui lui passe par la tête, c'était la promesse d'une liberté d'expression qu'aucun pouvoir ne pourrait museler. Ce sont la médiocrité et les affects les plus sinistres qui ont pris le dessus, de sorte que dès que quiconque ose émettre un point de vue allant à l'encontre de la doxa du jour, une meute numérique se déchaîne.

Le dernier numéro de Causeur s'intitule Charlie Akbar. Pourquoi ce titre provocateur? Vous avez envie d'être placée sous surveillance policière à votre tour?

Notre «une» est une plaisanterie: vous savez, ce truc qui fait rire et qui sera bientôt interdit. Comme elle est aussi un hommage à Charlie Hebdo, le moins qu'on pouvait faire, c'était essayer d'être drôles et un brin provocateurs. C'est bien parce qu'ils étaient marrants et provocateurs qu'ils ont été assassinés. Comme le dit Riss: «Interflora, ce n'est pas le genre de la maison». Cela dit, rassurez-vous, nous espérons bien chatouiller un peu les grandes âmes qui sont toujours convaincues que la France est menacée par l'islamophobie, mais nous ne risquons pas grand-chose du côté des islamistes susceptibles et des aspirants-jihadistes: ils ne lisent pas, ils regardent les images. Et comme vous le voyez, pas l'ombre d'un prophète à la «une» de Causeur…

« Interflora, ce n'est pas le genre de la maison »

Sans être un adepte de la soumission, ni du rire sélectif, ne faut-il pas mesurer certains risques ?

Je ne sais pas s'il faut les mesurer, mais à l'évidence tout le monde le fait. Nul ne publierait aujourd'hui des caricatures de Mahomet, non seulement par peur du risque physique, mais aussi parce que celui qui le ferait serait accusé de jeter de l'huile sur le feu. Cela me rappelle un dessin de Charb répondant à ce genre d'accusations. On y voyait l'homme des cavernes avec un bidon d'huile et une allumette, et le titre était «L'invention de l'humour». Et effectivement, le droit de rire de tout avec qui bon nous semble, y compris quand cela choque, heurte, indigne ou attriste ceux qui en sont les cibles, est l'un de nos héritages les plus précieux. Je comprends que l'on pose la question de la responsabilité, parce que des chrétiens peuvent mourir en Égypte ou en Irak pour un dessin publié à Paris. Mais des dessinateurs sont morts aussi à Paris. Et si l'on doit s'abstenir de tout ce qui peut énerver les fanatiques islamistes d'un bout à l'autre de la planète, on risque de s'ennuyer ferme. Donc, je comprends que l'on fasse attention au danger, mais pour le faire disparaître, il faudrait cesser d'être nous-mêmes. C'est un prix trop élevé pour notre sécurité.

Sur le principe, il ne faut rien céder, mais est-ce toujours faisable surtout lorsqu'on habite dans certains quartiers?

On ne peut pas appliquer la même grille d'analyse à l'existence individuelle et à la vie collective. Dans la sphère publique, il revient à l'État de garantir nos libertés fondamentales, en protégeant par exemple ce qu'on appelle le droit au «blasphème» (terme qui n'est pas très adapté car pour blasphémer, il faut être croyant). Mais seul un État totalitaire peut contrôler la société. En tout cas, un État démocratique comme le nôtre est relativement désarmé face à une pression sociale telle que celle qui s'exerce dans certains quartiers. Vous pouvez toujours proclamer que la loi punit les comportements sexistes, ça ne changera pas grand-chose pour les filles qui se font traiter de salopes parce qu'elles sont libres.

Le 30 novembre dernier, Charlie Hebdo fêtait ses 25 ans. Quelle était l'ambiance? La fête avait-elle un goût amer? Trois ans après les attentats du 7 janvier, qu'est-ce qui a changé?

Je n'y étais pas et je ne sais même pas précisément où cette fête a eu lieu. Je crois que c'était un moment très intense, mais comment n'aurait-il pas eu un goût amer alors que tant d'amis manquaient et que ceux qui restent vivent sous haute protection? Il y avait, dit-on, presque autant de policiers que d'invités. Pour le reste, je vous invite à lire le témoignage admirable de Fabrice Nicolino dans Causeur: il ne cache pas les difficultés, mais le poids douloureux qui l'accompagne ne l'empêche pas d'aller de l'avant et de se passionner pour la crise écologique, la seule chose importante à ses yeux.

N'êtes-vous pas trop optimiste? Vous expliquez également qu'Edwy Plenel aurait perdu de son influence. Beaucoup de nos confrères, notamment au Monde, ont pourtant renvoyé dos à dos Mediapart et Charlie Hebdo.

Mais Le Monde, ce n'est pas la France, et entre Médiapart et Charlie, la France a choisi. La réaction outrancière de Plenel lui a fait perdre son aura: il s'est comparé à Manouchian, l'un des héros de la Résistance, parce que la «une» de Charlie se payait sa tête («Môssieur Je sais tout ne savait rien sur Tariq Ramadan»). Et je suis convaincue que sa complaisance avec l'islam politique suscitait déjà l'incompréhension d'une partie de ses lecteurs.

Vous écrivez également que, «sur le front du combat politique et culturel contre l'islam radical, l'élection de Macron a peut-être ouvert une nouvelle ère». Qu'est-ce qui vous fait penser cela?

J'ai écrit cela? C'était dans un accès d'optimisme! Il est possible que la pensée complexe du président m'égare. Comme il y a toujours une cuiller pour Causeur et une cuiller pour Libé, j'ai pu prendre mes désirs pour des réalités.

Durant toute la campagne, il n'est jamais sorti de l'ambiguïté…

Il en serait forcément sorti à son détriment, vu l'électorat composite qu'il lorgnait. Je ne vais pas lui reprocher d'avoir fait de la politique. Plus sérieusement, un ami du président m'a dit que, depuis son arrivée, il avait pris conscience de la gravité de la question islamiste. Attendons donc les actes. Notons cependant que Jean-Michel Blanquer n'a pas attendu pour agir et qu'il semble décidé à regagner le terrain perdu à l'école, qui est l'un des premiers fronts s'agissant du combat pour la laïcité.

Le reportage d'Anne Sophie Nogaret à Toulouse 2 décrit une fac «colonisée» par les Indigènes de la République. Cela ne laisse pas augurer le meilleur pour l'avenir … Est-ce désormais à l'université que le combat doit être mené en priorité?

Même au Monde, on semble avoir découvert, sinon le péril islamiste, du moins le danger antisémite qui va avec.

Sans doute faudrait-il effectivement tenter de rétablir un peu de pluralisme dans certaines universités, mais le principe de la liberté académique et de la cooptation des enseignants rend les revirements idéologiques assez improbables. Autrement dit, il y a fort à parier qu'un gauchisme sectaire, acquis à toutes les fanfreluches de la post-modernité, des gender studies aux colonial studies, continuera à avoir un statut de vérité incontestable dans un certain nombre d'établissements. En revanche, c'est dans les médias, où les lignes ont commencé à bouger, qu'il faut renforcer nos efforts. Même au Monde, on semble avoir découvert, sinon le péril islamiste, du moins le danger antisémite qui va avec. Nous devons continuer à mener la bataille du réel, pour que les faits déplaisants ne puissent plus être cachés sous le tapis.

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Re: Équité entre hommes et femmes !

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